Moi, j’en parle.

Ce matin, j’ai vu ceci sur Facebook. Allez lire et revenez:

http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/sante-mentale-mefiez-vous-des-apparences

J’ai écrit ce statut pour présenter le lien:

À mes amis et ma famille. À mon entourage qui trouve que je parle trop de ma dépression et de mon TDAH. À ceux qui m’ont dit que je devais lâcher facebook quand j’allais mal parce que ça rendait les gens mal à l’aise. À ceux qui ne parlent pas de ces choses-là.

En parler, sincèrement et ouvertement, c’est rester en vie.

Je ne serai jamais gênée d’avoir une maladie. Je ne serai jamais gênée d’en parler. Ce n’est pas pour tout le monde. Tant pis!

– Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte

J’aurais pu ajouter: « À tous les gars qui m’ont laissée de côté parce qu’ils m’ont considérée « folle et ingérable », sachez que moi, au moins, je le sais que je le suis et que je me guéris! Des bras aimant, de toute manière, ça aide souvent à ses gérer…
Toute la matinée, alors que j’ai répondu aux messages sous mon statut, je revenais à un texte que j’ai écrit hier, que je voulais lumineux et qui était triste, contre moi. C’est peut-être ça, la dépression. La lumière dans la noirceur. Je vous laisse juger.

(Premier jet)

Il y a ces textes que j’aimerais écrire.
Ce sentiment nostalgique, de tristesse pas dramatique, que j’aimerais définir.
Ma douce mélancolie. Que je défends comme une tigresse, rousse.
Rouge de griffes, griffée au sang.
Que je hais comme la pluie déteste l’arc-en-ciel. Casseur d’ambiance.
Une nuit de pluie, fine et mélodieuse. Une pluie d’étoiles sur les pavés.
Ça glisse, on glisse, on m’a désemparée.

Cette tristesse contre laquelle je me bats. Je veux réapprendre à être seule.
Apprécier les longues heures à parler à cet alter ego d’ombre et de lumière.
J’ai oublié comme on croque délibérément dans une solitude pêche. Une solitude qui m’apportait tant.

Maintenant, j’ai peur du noir.
Parce que le noir n’a de sens que s’il baigne dans une marée d’étoiles sur les pavés.

Mais, mais… S’il y a de la tristesse dans mes journées, il y a tant de vie dans mes mélancolies.
Elles sont joyeuses, aussi, mes heures grises, mes années de pluie.

J’aimerais pouvoir écrire.
Cette lumière dans les ombres ternes.
Les plaisirs d’un sans limite, même s’il ne goûte ni sucré ni salé, un sans limite qui n’est pas non plus amer ni acide.
Le plaisir, c’est ironique, d’un sans limite aseptisé et statique.
Il y a une vie derrière la catatonie et les yeux de verre.
Je vis.
Je le sais.
J’entends mon cœur qui bat. Si fort, si vite, si mélodieux, mon cœur.

Et toi, tu n’as rien vu de tout ça.
Tu m’as prise et vidée sans avertir, sans réaliser ma fragilité. Faut dire que j’aime bien la cacher. Elle n’est pas si sexy…
Je t’ai ouvert une porte que je gardais sauvagement fermée.
Comme une tigresse délaissée. Une tigresse rouge, au cœur égratigné.
Un cœur roux et fougueux, sans malice, bourré d’anis étoilée.
Du petit piquant que tu ne cherchais même pas.
Tu n’as pas pris le temps d’ouvrir la porte au complet. Elle n’était pas ouverte au complet.
Tu as choisi d’y poser le pied pour que je ne puisse plus la refermer.
Et tu es parti rompre la solitude ailleurs.
Mon petit cœur sur les pavés une nuit de pluie sans étoiles.

J’aimerais avoir les nuances qu’il faut pour exposer tous les brillants d’un cœur, de mon cœur, bleu bataille, vert de mer.
La lumière d’un œil qui veut battre la chamade, lui aussi. Qui voit même dans la plus profonde des pluies qu’on est encore loin du désastre.

Ce désastre que j’ai toujours pensé loi, d’ailleurs. Il m’a plié les genoux et fendu la poitrine.
Mais mon cœur est resté bien accroché.
Il a remonté la côte et s’est bercé un moment dans ma gorge.
Je ne l’ai pas recraché.
Bien établi, bien bâti, il ne s’arrêtera pas de battre même devant une solitude pleine d’amertume.
Il ne goûtera à rien, ni l’amer ni l’acide.
De cette vie , lumineuse pourtant, qui me tourne en bourrique.
Et je marche.
Sous la pluie.
Sur les étoiles du pavé par une nuit qui veille avec la lune.

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