J’ai perdu le fil?

Une journée de solitude que je passe comme les autres. Lecture (nouveau grand succès pour moi, je suis re-capable de lire des romans au complet et à une vitesse semi-normale. Grande victoire devrais-je dire… surtout pour une éditrice), tricot, courtepointe, repos, repos et repos.

J’ai perdu le fil. Comment les gens « normaux » vivent-ils leurs fins de semaine? Comment fait-on pour sortir de la routine la fin de semaine alors qu’on est en démarche pour la reconstruire?

J’ai perdu le fil. Je n’ai pas beaucoup écrit sur mes blogues ces derniers temps. Est-ce déjà l’attrait de la nouveauté qui fond? Qui fond au rythme où la neige tombe? Mon bonheur, lui il ne tombe pas. Je suis contente du chemin que j’emprunte. Mais…

J’ai perdu le fil. Je ne sais pas si les chemins que j’ai empruntés me mènent à moi. Forcément, ils mènent à moi. Qu’est-ce que je dis là! Mais mènent-ils à ce que je veux de moi? J’ai des tas de passions, mais aucune ne semble porteuse d’un projet de vie suffisamment rentable pour vivre au-delà du mode survie. Je ne sais pas ce pour quoi je suis faite. Peut-être n’est-on fait pour rien d’emblée et nous fabriquons-nous des raisons d’être et de créer au cours de notre vie? Dans quoi me vois-je?

J’ai perdu le fil de mon histoire. De mon tricot. Les mailles se resserrent où elles étaient trop lâches et se relâches où elles étaient trop serrées. C’est bon. Je sais que c’est bon. Il y a des jours de grisailles où la lumière blanche perce quand même jusqu’à nous. Des jours nuances. Des jours silences.

J’ai perdu le fil de mes histoires. Je ne sais plus écrire. Je ne sais plus quoi écrire. Ni pourquoi. Comment avoir envie d’écrire à nouveau alors que les ventes faiblissent comme un cœur qu’on n’a pas nourri? On n’écrit pas pour l’argent. Mais on écrit quand même pour être lus. Et le doute me prend, fort et inébranlable, qui suis-je donc pour me déclarer écrivaine? Qui lit et aime vraiment mes livres? Est-ce suffisant pour continuer? Suis-je capable de m’imaginer sans l’écriture? Non. Bien sûr que non. Que se passe-t-il alors que mes mots ne se métamorphosent plus en histoires? J’ai de l’avance sur mes éditeurs. Ça me coupe l’inspiration. Vont-ils encore vouloir me publier? J’aurais tellement envie d’écrire une histoire de papillons qui m’emporterait plus vivement que ce fil que je m’acharne à retrouver.

Peut-être ce fil perdu n’est-il pas perdu? Peut-être a-t-il simplement changé de couleur? Je vais le suivre encore un peu. En silence, cette fois. Peut-être me chuchotera-t-il quelques douceurs à l’oreille.

C’est par où, moi?

Ne fuyez pas, cet article parlera de dépression, mais ce ne sera pas triste, promis. Parce que la dépression, il y a de grands bouts qui sont joyeux, aussi.

Alors voilà, j’ai une dépression majeure depuis plus de deux ans. Je dis «j’ai» et non pas «je suis en». La dépression ne me définit pas, elle est présente et je dois apprendre à vivre avec elle. Donc, j’ai cette saloperie de maladie sur mon petit dos depuis plus de deux ans. Mon cas s’améliore. Je suis rendue à l’étape où il me faut retrouver le plaisir à faire les choses que j’aime.

Le problème avec la dépression, c’est que, ben, on se souvient plus des choses qu’on aimait faire… et on ne se souvient plus qu’on a du plaisir quand on les fait. C’est du gros travail de retrouver le sourire et le sentiment de satisfaction qui vient du ventre.

Mon moi, je ne sais plus trop par où je l’ai laissé. Difficulté supplémentaire, je ne peux plus me fier à ce que j’étais avant parce que, visiblement, ce n’était pas fonctionnel vu l’état dans lequel ça m’a mise. Je dois alors me retrouver, sans chercher par là où j’étais, et tout ça avec le peu d’énergie qu’il me reste après avoir stabilisé le petit train-train de la vie de tous les jours.

Qu’à cela ne tienne, j’adore les défis. Cette semaine, comme je n’allais pas super bien, j’ai décidé de m’attaquer à quelques activités oubliées sur les tablettes depuis des mois (lire années!)

Résine et tissusJ’ai commencé par jouer avec la résine achetée il y a plus d’un an. Je voulais l’utiliser pour me faire des perles à utiliser dans les bijoux que je m’amuse à faire. J’avais des paillettes et j’avais vu quelques vidéos sur you tube dans lesquels ils utilisaient du vernis à ongles pour donner des teintes surprenantes. Ce que je voulais vraiment faire, c’était de piger dans ma pile de retailles de tissus pour les couler dans la résine. J’ai joué avec les paillettes et le vernis, mais je dois dire que ce sont les pièces avec les tissus que je préfère.

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Je me suis aussi amusée avec du fil de fer qui traîne depuis aussi longtemps dans mes tiroirs. J’ai ajouté quelques billes trouvées sur des bijoux qu’on m’a donnés pour que j’en fasse quelque chose de nouveau. Très très contente du résultat. Je crois que je vais simplement fixer le pendentif à deux ou trois brins de cuir.

Dimanche, j’ai pris la journée pour moi. Pas d’obligation, juste des activités qui me tentent.

Je me suis préparée vendredi soir, il faut dire. Je suis allée chez Effiloché me chercher de nouveaux tissus. Il m’en restait beaucoup à la maison, mais j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose pour que les couleurs des imprimés s’harmonisent, autant pour en faire des peluches que des courtepointes.

Nouveaux éléphants et nouvelles tortues

J’ai commencé mon dimanche par couper mes tissus pour en faire des peluches. Deux tortues et deux éléphants s’ajouteront bientôt à ma collection. Quel bonheur c’était de ressortir la machine à coudre! Je suis satisfaite des choix de couleurs. J’ai aussi travaillé sur la courtepointe que je prépare pour un bébé né en juillet, mais pas de photo, c’est un cadeau!

Bulles vertes dans le thé

Je ne sais pas par quelle magie, j’ai eu envie de faire du ménage, aussi. Quand ça passe, on le prend! J’ai vidé une boîte de paperasse. Enfin! Parti deux fois ma mini-laveuse-à-vaisselle-anti-dépressive-plus-efficace-que-les-pilules! Puis, je suis allée faire du lavage au Mousse Café. Là-bas, j’ai commandé un thé (désolée, Camellia Sinensis, je t’ai trompée!) et j’ai été frappée par la beauté poétique d’une bulle verte dans le thé rougeâtre. J’ai toujours aimé voir ces détails qui rendent heureux. Ça, je ne l’ai jamais perdu, même au pire de la dépression. Mais cette fois, ça m’a chatouillé le cœur, cette découverte. Avec le cœur plein de chaleur, j’ai travaillé sur mes Trognons. Je pense que ça avance bien. Impossible d’être certaine, le doute demeure toujours présent avec l’écriture…

Heure du thé vintage

En rentrant, j’ai mis de l’ordre parmi les meubles et objets que j’ai reçus cette semaine. La mère d’une amie de ma mère a dû être placée en CHSLD et j’ai hérité de plein de choses. Dont, une table de cuisine, une nappe en dentelle et des tasses datant des années cinquante. Du bonheur et du beau!

Et voilà qu’on est lundi, que j’écris tout ça et que je suis encore satisfaite de ma semaine, de mon dimanche et, finalement, de ma vie. Je regarde ma Madame Castafiore dormir et je me dis que c’est une bonne chose, une page blanche, pour se remettre sur ses rails. Tout est possible, mais j’ai enfin compris que je dois choisir. Je regarde cette chatonne dormir et je suis fière d’en prendre soin, fière qu’elle dépende de moi et que je puisse m’en occuper. C’est souvent ce qui nous manque, quand on est en dépression, de pouvoir s’occuper de quelqu’un au lieu de demander de l’aide tout le temps. Sa respiration est profonde, son petit corps est tout blotti contre un oreiller, je sais q’elle elle a trouvé comment être confortable et que c’est tout ce qui compte. Elle m’apaise.

La sieste de Madame Castafiore

Dernière chose pour ce loooong billet. J’en reparlerai, mais j’annonce ici que j’ai prêté ma face et ma petite expérience à un événement très chouette qui aura lieu le 5 mai prochain au Lion d’or: Les visages de la santé mentale. Il faut acheter votre billet (25$) à l’avance. Ça me toucherait beaucoup qu’on y soit nombreux. Les profits iront à l’organisme Les Impatients.

Outaouais, Ottawa et un trognon!

J’adore les salons du livre. La semaine dernière, c’était au tour de Gatineau (ou devrais-je dire Hull?) de nous inviter. Il est bien agréable, ce salon. Les gens s’intéressent aux auteurs, prennent le temps de leur parler et se laissent même convaincre de repartir avec quelques livres.

Je n’y étais malheureusement pas comme auteure cette fois-ci, mais comme libraire pour Dimedia. Ça me manque, cette année, ces rendez-vous avec les jeunes lecteurs. C’est tellement émouvant de voir un coco haut comme trois pommes, tout gêné, finir par nous raconter toutes sortes d’histoires. Chaque fois, je fais le plein d’idées. Exploitable ou non. Peu importe, c’est le souffle de créativité qui vient avec qui m’intéresse! Même sans séance de signature, j’ai trouvé le moyen d’y croquer un petit bout d’inspiration.

Aujourd’hui, lundi post-salon, j’ai décidé de me promener dans Ottawa. Je ne suis pas allée bien loin, un tour du bloc à trois ou quatre rues de là où je séjournais. Je suis d’abord arrêtée dans un café. J’ai sorti mon cahier de notes et j’ai pondu, en une heure environ, une première version d’un futur Trognons.

Toute contente de mon travail, et d’être sortie malgré le froid, je reviens à Montréal le cœur léger malgré la fatigue!