Fascinante planète

Aujourd’hui, c’est le jour de la Terre. Bonne fête!

Et je la trouve fascinante notre planète. Enfin, surtout les gens qui vivent dessus.

Il y a du beau partout. Partout. Même quand on est dans le plus profond de la dépression, il y a du beau. Et c’est ce qu’on recherche, toujours, inlassables, le beau. Les humains sont conditionnés au beau, au bon. Notre espèce fuit le laid, le mauvais: on ne veut pas savoir que quelqu’un ne va pas bien, personne ne veut mettre sur son mur une peinture laide ou vivre dans un quartier qui dépérit.

Mais alors…

Pourquoi polluons-nous autant? Pourquoi les nouvelles télévisées et les journaux à potins sont remplis de laid. On dirait qu’on cherche le laid. On veut en savoir plus sur l’alcoolisme de telle vedette, on veut tout connaître de la débarque qu’a prise Mme Chin-Chose à la tivi quand elle dansait avec M. Chin-Chouette. On veut manger du fast-food parce que ça goûte donc bon. On n’a pas envie de rincer nos plats et de les mettre au recyclage, plus facile de les garocher aux poubelles. On reproche à la blogueuse de parler trop de sa dépression… mais devinez quels articles récoltent le plus de visites?

Avez-vous déjà remarqué que lorsqu’on la laisse faire, la planète s’arrange pour être belle toute seule? Avez-vous déjà vu un champ de fleurs sauvages qui ne matchent pas? C’est quand on essaie de les contrôler sur un petit terrain entre la rue et les stationnements que les herbes hautes dérangent. Sinon, c’est plutôt joli.

Chère Terre, je te souhaite un monde fascinant avec du beau pis du laitte pas contrôlé. Juste du toi, tout plein, plein notre vue et nos sens. Un jour, on te laissera tranquille. Promis.

Publicités

Ça avance. Tout avance.

Demandez à la vie, elle vous répondra.

J’expliquais dans mes deux derniers textes que je ne savais plus où j’en étais, que je ne savais plus ce qui faisait partie de moi et de mes plaisirs.

Je disais aussi que je ne savais même plus si l’écriture me plaisait tant que ça.

Et ben, voilà que j’ai eu ma réponse. D’abord, je suis maintenant sur Twitter (@madamerousseTM). Un homme m’a envoyé un courriel me couvrant de compliments quant à ma plume. J’en ai été flattée, je dois l’avouer.

Ensuite, j’ai commencé un traitement en ostéopathie il y a plusieurs semaines, histoire de me battre contre la dépression sans toujours attendre que les médicaments fassent tout le boulot. J’ai donné mes livres à l’ostéopathe qui les a offerts à ses neveu et nièce. Deux fois il a insisté sur le plaisir que les enfants ont eu à me lire. Il n’y a pas plus belle paye (même si c’est cliché). Aujourd’hui, il me demandait comment on savait qu’une histoire pour enfants est bonne, vu que les phrases sont très simples et le texte très court. C’est simple, on le sait pas sauf quand les enfants aiment ça! (Je vous rassure, ma réponse était plus élaborée… j’ai balbutié pendant le traitement, entre deux « tourne-toi par là » ou « inspire, expire », quelque chose à propos du rythme et des sonorités.)

Hier, je parlais édition avec l’amoureux de mon amie et je me suis surprise à éprouver une tonne de plaisir. Je savais de quoi je parlais et j’en parlais avec enthousiasme. Wow.

Aujourd’hui, en sortant de mon rendez-vous chez l’ostéopathe, j’ai marché. Marché longtemps. L’air était bon, tiède, doux. Un petit vent juste parfait pour remuer les bouclettes et juste assez de soleil pour qu’il soit évident que je suis rousse (certains en doutent encore…)

J’ai marché et je me suis rappelé à quel point j’aimais marcher. On m’a dit souvent récemment de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Je n’ai pas à faire table rase et recommencer à noter ce que j’aime. J’ai tout mon bagage avec moi, suffit d’y faire le ménage (j’entends mes parents me rappeler comme je ne suis pas particulièrement douée pour le ménage… trop dans le détail, découragée par la tâche!)

Je me suis arrêtée finalement au Camellia Sinensis. J’ai jasé avec plein de monde. J’ai essayé d’écrire et j’ai été déçue de ma production. Mon sourire était trop ancré dans ma face pour que je me décourage. J’ai décidé que l’écriture était un muscle un peu atrophié par mon récent manque d’exercice. Ça va revenir, bon.

J’ai tricoté. Une deuxième mitaine. Un contrat que j’ai eu. J’avance bien, je vais pouvoir les livrer avant l’été! Ouf!

Si je fais le bilan des dernières semaines, je me rends compte que j’avance. Pas mal, en plus. Il y a un an à pareille date, j’arrêtais tout et je dormais 16 heures par jour. Je suis revenue à un horaire plus régulier, je souris, j’envisage un avenir, j’ai des projets, je mange et je me fais même à manger, j’écris… et pas que du gris. Je revis. C’est tout un printemps, après deux ans d’hiver.

On m’a dit récemment que j’étais radieuse et pétillante. Je me retrouve. J’étais tellement trippante avant de tomber. Je le serai encore. Je le sais. Ça revient tranquillement. Et finalement, je ne suis pas mécontente de ce petit billet!