Lutte de prédateurs

J’ai tourné autour du pot toute la journée. J’ai même fait le ménage! C’est tout dire.

J’ai lorgné vers mon ordinateur. Je me suis dit que je devrais réaménager mon bureau pour être plus performante. J’ai voulu prendre un sieste. Je me suis rappelé que je n’avais pas dîné. J’ai même essayé de faire des plans pour la soirée. TOUT sauf écrire…

J’ai mangé, j’ai dormi, j’ai fait le ménage, j’ai réaménagé le garde-robe et les armoires, j’ai perdu du temps sur mon cellulaire… Mon ordinateur et moi, on s’est épiés. On s’est jaugés. On a noté nos points faibles et les risques potentiels que notre opposant pouvait nous infliger.

Je me suis rendue, presque en rampant, vers mon ordinateur. Mes muscles m’ont lâchée un à un. JE VEUX, MAIS JE NE SAIS PAS! Je ne sais pas écrire, je ne sais pas quoi écrire, je ne sais plus sur quel projet travailler. Je devrais avancer celui-ci et celui-là. Ne pas succomber à la tentation de repartir quelque chose de nouveau, encore, sans avoir terminé ceci et celà. MAIS JE N’AI PAS ENVIE! Botte toi les fesses.

Les poignets sur le rebord du laptop, les doigts qui serpentent, à la chasse au mot qui va tout démarrer, j’amadoue la bête. LA PRISE DU HOMARD. Flatte, flatte entre les yeux. Doux, doux, clavier. J’AI DÉJÀ MAL AUX TUNNELS CARPIENS! Mon corps se crispe. L’ordinateur a frappé là où ça fait mal. Je reprends mon souffle. J’empoigne la souris, je la mets à ma main. Souffle, souffle, Lolo. Cherche le document, le fichier qui va agenouiller le prédateur. Chercher, cherche pour atténuer la douleur. Oublie. NE PENSE PAS!

Tourner autour du pot. Laisser défiler les fichiers pleins de débuts d’histoires. Il faudrait écrire au moins un peu. Quoi? Pour quel âge? Comme ça stagne chez l’éditeur d’album, j’ai envie d’écrire des romans… mais je ne sais pas écrire des romans. Pas encore. Tant qu’à faire, arrête carrément la danse et saute dans ton roman adulte. SAUTE ET ÉCRIS, BORDEL! Ouvrir facebook. Commencer un statut. STOP. Ouvrir WordPress. Commencer un article. Bon. Les mots se déversent. Tu as percé la bête, transpercée, la carapace de tête de cochon. C’est bon. Maintenant, fin. FIN. Ouvre un fichier et écris. ÉCRIS POUR TE SENTIR MIEUX!

(Et surtout, te redire en boucle comme tu es exceptionnelle. JE SUIS UNE SACRÉE CHASSEUSE.)

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