Envie d’ailleurs

Avignon. Tu me manques. Beaucoup. J’aurais envie de cette folie, de ce tourbillon qui happe. Ne pas penser. Vivre et vibrer. Seulement ça. Tout ça.

Suisse aussi. Ma maison, ma famille. Tes trains m’emportent, tes courbes m’inspirent. Tu sais qu’il m’arrive encore de rêve que je suis chez toi? Que j’y suis bien.

Italie, on ne se connaît pas bien, mais je passerais un peu de temps avec toi en ce moment. Marcher en terre inconnue, se perdre pour mieux s’écrire.

Mexique, toi et moi on a une relation difficile. Amour-haine. Ce n’est pas toi que je n’aime pas, c’est que tu as tendance à kidnapper mes amis. Malgré ça, j’irais quand même me blottir dans tes bras. Juste quelques jours-au-pluriel.

Gloucester, Massachusetts. Odeurs d’enfances. Tes vagues que l’on peut chef-d’orchestrer. Les biscuits aux pépites de chocolats, encore mous d’être frais et chauds. Tes rochers où se fracassent la mer qui n’en peut plus d’être limité. Ta force calme. M’endormir, en sécurité, dans nos souvenirs tendres.

Ô Montréal, ma Montréal. Je t’aime. Je ne veux pas te quitter. Peut-être juste un peu. Des fois.

J’ai peur de ce corps que je ne reconnais pas

J’ai pris du poids. J’en ai tellement parlé autour de moi, j’ai l’impression que la Terre entière est au courant. Je n’aime pas le corps que j’habite. Je ne me sens pas désirable. Zéro sexyness.

J’ai beau me dire que ce n’est pas ma faute, c’est la dépression, les médicaments… Je ne me crois pas. J’ai lâché prise. D’accord, j’avais d’autres chats à fouetter (quelle expression horrible!). D’accord, j’étais malade. Mais la réalité reste la même: je me suis abandonnée et je dois maintenant mettre les bouchées doubles à fouetter les bons chats (eurk!)

Je me remets à la course ce soir. Une amie m’a fait la belle surprise de s’y mettre avec moi. C’est encourageant! C’est stimulant!

Mais…

J’ai peur. J’ai peur de lâcher. J’ai peur de rester grosse pour toujours. De devoir habiter un corps qui n’est pas le mien. De ne pas être capable de courir. De trouver ça trop dur même si j’y vais doucement. J’ai peur que ce soit difficile.

J’ai vu un vidéo récemment. Un vidéo de gars qui maîtrisent leur corps (et la gravité!) d’une manière impressionnante.

On nous montre tellement de publicité de centres sportifs dans lesquels on obtient des résultats en 30 jours ou moins. Des résultats rapides. Vite, vite, vite! Et sans effort ou presque.

J’aurais voulu être trapéziste. Ou équilibriste. J’aurais voulu être souple et légère. J’aurais voulu être ceinture noire en karaté. Je manque de volonté. Je n’ai pas cette discipline du corps.

Et je n’habite plus ce corps. Je l’ai oublié. J’ai oublié les efforts nécessaires pour aimer son corps.

Ce soir, je me remets à la course. J’ai peur. Mais j’irai courir quand même. Parce que ce soir, je me réapproprie cet espace que j’ai laissé dépérir. Je ne serai pas ceinture noire de karaté ni équilibriste ni trapéziste et je ne m’entraînerai pas comme les gars de No gravity.

Pis je vais même me payer une crème glacée après pour me féliciter.

Je fais du bien

Le chat ronronne contre ma jambe.
Sommeil tendre du chat sauvage, apaisé et calme.
Je le rassure.

Ça me fait du bien de faire du bien. Enfin.

L’autre chat dort près de moi.
Pas trop près.
Elle et moi, on se comprend. On a trop besoin de cet être hors de soi pour le laisser s’approcher.
Elle ne ronronne pas, mais elle est bien. Je le sais. Elle le sait qu’elle me fait du bien.

Et ça m’aide de savoir que je suis là, pour elle. Depuis toujours.

J’accepte tranquillement qu’on s’occupe de moi.
Qu’on me câline, qu’on me cajole. Qu’on me voie vulnérable.
Je ne suis pas toujours aussi forte que je le dis.

C’est un tel soulagement de ne plus être si forte, tout le temps.

J’ai faim. Beaucoup. J’ai envie. Énormément.
Comme un puits sans fond. Ça fait peur.
Même à moi.
Mais j’ai un fond. Et quand on me laisse plonger jusque-là, sans s’enfuir,
Je respire. Enfin.

Je ne suis pas si fragile qu’on aimerait, mais mille fois plus qu’on le voit.
Pas si forte que je le pense, mais plus que cent fois les cicatrices de mes déchirures.
J’ai tellement besoin de prendre soin.
D’une vie, d’un cœur, de mes propres pas.

Le chat ronronne contre ma jambe.
Sommeil tendre de la lionne sauvage, apaisée et calme.
Il me rassure.
Je n’ai plus à rugir. On roucoule à ma place.

Animations scolaires et… d’été?

Hier, j’étais invitée à l’école du Petit-Chapiteau pour animer trois groupes de première année.

J’adore me promener dans les écoles pour faire des animations! Quel bonheur de recevoir des câlins gratuits, des «Oh! Vous êtes très belle, madame», des «Vous allez écrire une histoire d’arc-en-ciel en pensant à moi?», de vivre des fous rires, d’entendre de drôles de réponses, de voir toutes ces merveilleuses faces curieuses et illuminées.

Dans cette école, beaucoup d’enfants qui apprennent le français. J’ai donc lu des histoires qui devaient sonner aussi vagues que le blabla des parents dans Charlie Brown «wha wha wha wha wha!» Les enfants sont restés attentifs.

– De quel pays vous venez, madame?
– Je suis née ici, au Québec!
(points d’interrogation dans les visages)
– Et vos parents, madame?
– Du Québec aussi! Et vous?

Philippines, Sri Lanka, Haïti, Nigeria, Bangladesh, Pakistan, Thaïland, Mexique. Le monde entier!

On me pose des questions qu’on ne m’a jamais posées, très tournée vers le monde entier, justement: «Où écrivez-vous, madame?», «Êtes-vous déjà allée écrire dans une autre pays?», «Quel pays avez-vous visité? (Bon, d’accord, pour celle-ci, ça sonnait plutôt « Êtes-vous déjà allée dans mon pays? », mais c’est ce que ça voulait dire, non?)»

Les enseignants me disent à quel point les élèves ont aimé travailler les Trognons. «Ils les ont tous aimés! insiste une enseignante. On a fait plein d’activités avec les livres, pour travailler autre chose que les mots, et ils ont adoré!»

Entre autres activités, les élèves ont travailler «les mots de mathématiques» à partir de Léa enquête: «par-dessus, à côté de, près de, sous, derrière, devant, dans, liste une jeune demoiselle en comptant sur ses doigts.»

Avec Gabriel et les robots, ils ont dansé! Un jeune garçon me montre quelques mouvements de sa danse de robot. Très convaincant!

Pour Emma au parc, une fillette m’explique «on a fait une maquette avec des formes géométriques, mais elle n’est pas très réussie parce qu’il y a eu trop de sable et on a mis des plumes et on a voulu les enlever et ça les a cassées.» Je les ai rassurés, personne n’avait encore fait une maquette d’un de mes livres et j’étais très touchée par leur bricolage que je trouvais tout à fait réussi.

J’adore qu’on me raconte ce qu’on fait avec mes livres! C’est incroyable ce que les enseignants, parents et enfants peuvent être créatifs! N’hésitez pas à me communiquer vos histoires de lecture ou d’animations!

C’est le genre de journée dont on revient épuisée, mais tellement revigorée! Ça sert à ça, écrire. À ces moments-là. Et pas un seul rapport de vente ne me convaincra du succès de ces livres. Les témoignages des profs, des élèves, des parents, de leurs enfants que je rencontre et qui me disent à quel point ils aiment cette série me suffisent. Ça tombe bien parce que j’adore écrire ces livres!

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C’était la dernière animation scolaire cette année. En septembre, reviendront ces journées folles où on doit penser à notre horaire pour l’année!

En attendant, je suis disponible pour donner des formations sur le plaisir de lire avec les enfants, mais aussi pour des animations dans des garderies ou même dans des fêtes d’enfants. Une auteure au lieu d’un clown?