Écrire… quoi?

Ce soir, je me sens mélancolique. D’habitude, ça me pousse à écrire. Mais ce soir je vais d’un projet à l’autre et je ne me sens à ma place nulle part. 

J’ai d’abord voulu écrire ce projet sur le célibat. Parfait état pour écrire ça, que je pensais. Ben non! Dans ce projet, je suis plutôt rendue à l’étape recherche qui ne me tente pas ce soir. Il est trop tard pour ça, je m’y attaquer cette semaine. 

Mes yeux fatigués et mes verres de contact usés ne m’aident pas non plus. 

Et quelques histoires de la vraie-vie-qui-est-trop-réelle-et-pas-assez-rêvée-parfois en tête… 

Ne pas y penser. 

Peut-être que je pourrais travailler sur ce projet de roman jeunesse. Mon petit prince que j’ai planté là, dans de sales draps, d’où il devra bien sortir un jour où l’autre! Je travaille sur la 25e version. J’ai commencé ce texte, j’étais encore à l’UQAM dans mon bacc en psychologie. Ou était-ce pendant mon année comme étudiante libre? D’une manière ou d’une autre, ça fait plus de 7 ans que je retourne cette histoire dans tous les sens. Depuis un an, je transforme le texte prévu pour un album en roman. J’ai au moins 4 débuts différents et j’ai du mal à choisir celui qui commencera bien le texte. Difficile! Mais le défi du roman me plaît beaucoup. Je viens de placer le chapitre 3 dans le chapitre 4, et le 4 dans le chapitre 1. Il restera à ajuster les transitions, sabler un peu les arêtes, en espérant que cette fois-ci la charpente tiendra le coup. 

J’avancerais bien aussi ce texte que j’écris à 4 mains avec ma mère, Danielle Marcotte. Une histoire de livraison qui tourne mal, dans un monde inconnu. C’est si agréable de retrouver la complicité de l’écriture à deux avec ma co-auteure de la série Moka et Pica! Mais voilà, on vient encore de revoir l’histoire. La relecture de la première version nous a laissée complètement dégoûtées! Ma mère a réussi à relire le texte au complet. Je n’ai pas dépassé le deuxième chapitre. C’était si mauvais qu’on n’arrivait même pas à réécrire. On est retournées à la base: quelle est l’histoire qu’on veut raconter? Comment l’histoire avancera? Chapitre par chapitre, ça se traduira comment? C’est très stimulant. Cette fois-ci, on est sur la bonne voie… jusqu’à ce qu’on se rende compte que ça ne tient pas la route et qu’on recommence tout depuis le début et qu’on se dise que cette fois-là, on tient vraiment quelque chose! Cent fois sur le métier, qu’ils disent? Cent fois, tu réécriras, en fait! Ça fait partie du plaisir d’être auteure, je crois! C’est comme un casse-tête pour lequel on a égaré l’image sur la boîte. Il faut assembler des morceaux sans trop savoir ce que c’est supposé représenter. J’aimerais bien travailler là-dessus ce soir, mais c’est difficile toute seule à cette étape. 

Tout ce qui me tente, dans le fond, c’est de continuer à lire et à commenter le roman de mon ami. Il m’a demandé de lui donner mon opinion franchement. J’ai accepté. En lisant son manuscrit, j’ai les deux pieds dans mon rôle d’éditrice. J’apprécie de plus en plus ce rôle. Je m’y sens bien. Je sens que je peux y être compétente. J’apprends et j’ai la place pour le faire. Il y a de la pression, il y en a toujours, mais elle est supportable. 

Voilà. Ce soir, je voulais écrire et je viens de le faire. Ce soir, je voulais être éditrice et je l’ai été. 

Peut-être que ce soir, je me coucherai tôt, tout simplement, sans chercher à étirer une soirée mélancolique en nuit qui sert à quelque chose. Peut-être que pour une fois j’accepterai d’avoir pris mon temps, juste ça. Dolce farniente… un jour, j’y arriverai. 

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