Aide-toi et le ciel t’aidera… mais pas le gouvernement!

Aujourd’hui, je marchais en me rendant au café. Il faisait beau. J’ai laissé une douillette chez le nettoyeur. Fière! Ça fait plus d’un an que je voulais laisser cette douillette chez le nettoyeur.

Puis, je suis passée devant le cinéma et me suis dit que je reviendrais plus tard voir un film que je choisirais au hasard. Juste parce que je peux.

En poursuivant ma route jusqu’au Mousse Café, j’ai réalisé comme j’avais retrouvé mon petit plaisir dans les petites choses. J’ai retrouvé mes bonheurs. Je me suis retrouvée. J’ai pris une grande inspiration et je me suis sentie bien, pleine, vivante!

J’ai commencé à travailler vers 10h. Très tôt pour moi. Je commence rarement avant midi. 5h par jour, 3 jours par semaine. Un peu plus les semaines où je me sens bien. Plus mes heures d’écriture, de travail sur mon blogue et sur mes autres projets. J’approche doucement de la trentaine d’heures par semaine, dont 15 payées.

Je ne cherche pas à faire pitié ou à dire qu’on est donc mal payé quand on est artiste. On le sait. Non, j’essaie de dépeindre ma situation: celle d’une personne en retour progressif au travail que les programmes d’aide oublient.

Je gagne environ 1100$ par mois. Là-dessus, je dois tout de suite soustraire 520$ pour mon loyer (un chèque de paie au complet, il ne me reste que 48$ une fois le loyer payé) et 100$ pour mes médicaments. Il me reste trois fois rien pour la bouffe, les transports, les soins des chats et les rares petits plaisirs que je m’offre, parce qu’il est important pour ma santé et mon équilibre que je sorte de chez moi, que je voie des amis, que je m’offre ces rares petits plaisirs. Je n’abuse pas. Une pinte de cidre ici, deux ou trois thés au Camellia Sinensis par mois…

J’ai décidé de prendre les choses en main. J’ai appelé notre cher gouvernement pour voir s’il n’y a pas une mesure toute faite pour moi.

Ben non! Y’en a pas! En plus de me farcir le ton désagréable de la dame au téléphone (l’air de dire, ben non, fille, on n’a rien pour toi, faut que je te le dise combien de fois?), je me fais dire que je n’ai pas le droit à l’assurance emploi parce que j’étais travailleuse autonome, que je n’ai pas le droit à l’aide sociale parce que je travaille trop et que je n’ai pas le droit à l’allocation-habitation parce que je n’ai pas 52 ans et plus. «On n’a rien pour vous, madame!» me dit-elle comme si ce n’était pas grave. Bon, ce n’est pas si grave. Mais c’est déplorable qu’on n’aide pas les gens qui s’aident. Qui travaillent fort pour revenir sans tomber. Qui luttent pour gagner leur croûte malgré des incapacités. Je n’arrive pas à travailler dans un cadre professionnel plus de 15 heures semaines. Les semaines où j’ai essayé d’en faire plus, je suis retombée. Je dois prendre les bouchées une à la fois et il n’existe pas d’aide pour moi.

Ce n’est pas grave. Je ne suis pas à l’article de la mort et je ne meurs pas de faim non plus. J’arrive à joindre les deux bouts parce que j’ai des parents incroyables qui veillent sur moi. Mais que fait-on quand nos parents ne peuvent pas nous soutenir? Que fait-on quand on n’a pas l’entourage qui nous sort du trou quand il manque un 100$ pour terminer le mois?

Gouvernement, on dit « Aide-toi, le ciel t’aidera. » Peut-être que tu n’es pas le ciel, finalement…

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