De la productivité à la satisfaction

Depuis quelques temps, je réfléchis beaucoup sur la productivité. Pendant que mon psy essaie de me faire comprendre qu’il faut que je m’arrête et que je guérisse ma pneumonie comme du monde (elle est disparue de mes poumons, mais je tousse encore beaucoup), je suis une formation sur l’écriture productive.

Je me questionne beaucoup. Pourquoi faut-il être aussi productifs que ce que la société semble exiger de nous?

Je me regarde aller. Je suis déçue de moi chaque fois que je ne fais rien. Tous mes passe-temps doivent « servir à quelque chose »: un apprentissage, l’augmentation de ma culture générale, une production, un résultat concret, un avancement dans un projet. Et m’arrêter vraiment? Pas le droit. Jouer aux Sims est la chose la plus honteuse qui soit. Pendant ce temps-là, scandal, je n’ai pas lu, pas écrit, pas tricoté, pas répondu à des courriels, pas jeté des idées pour créer ma nouvelle entreprise, pas courtepointé, pas fait le ménage. Bref, je n’ai pas avancé. Bref, j’ai gaspillé un temps précieux qui m’a été donné.

Pourquoi faut-il donc tant avancer tout le temps?

Je réalise que je développe de l’anxiété parce qu’on m’a trop dit: « La vie passe si vite, il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier, il ne faut pas perdre de temps, il faut tout faire aujourd’hui. » Avez-vous une idée de ce que ce genre de phrase représente pour une fille qui a un TDAH? Même sans ce diagnostic, quel genre d’humain peut vivre chaque jour comme si c’était le dernier… Tous les jours? Sans se brûler? Ben voyons.

« Et le septième jour, Dieu se reposa… »

Et en même temps, force m’est d’admettre que je ne retire aucune satisfaction à jouer aux Sims. Ça finit par m’éteindre, me déprimer, me couper la créativité, me donner le goût de dormir à fond. Ça me brûle le cerveau et m’endort le corps. Comme manger du fast food. Tu penses que c’est bon sur le coup, mais tu mets des heures à t’en remettre.

J’ai suivi une formation intéressante lundi soir dernier. Offerte par Martin Mercier du Centre de création scénique, le cours Les Rythmes du travail et l’écriture productive m’a grandement stimulée à écrire plus et à retrouver mon énergie. On y apprenait à varier les activités dans une journée pour que l’une soit le repos de l’autre. Bref, à se reposer en faisant et à faire en se reposant.

Cette productivité est satisfaisante. Je me demande par contre si je ne saute pas dans une course folle où je ne prends pas le temps de m’arrêter.

Mes réflexions me mènent à considérer mes choix d’activités non plus en fonction de leur productivité, mais en fonction de leur degré de satisfaction à long terme. Je ne prends pas le temps de méditer et pourtant, c’est sans doute l’activité qui me permettrait le mieux de me reposer et de me recentrer pour être plus productive. Beaucoup plus qu’une heure de Sims, en tout cas!

Créer de l’espace dans mon horaire. Dans mon appartement. Un espace physique et mental. Varier les activités à concentration intense et faibles. Bouger plus. Faire plus, mais faire ce qui me satisfait.

Écrire demande un effort de plus… mais rapporte beaucoup en satisfaction.

Et ce que me disent mes réflexions, c’est que je ne dois pas écouter les éditeurs qui me disent que mes textes ne vendent pas assez… et écouter seulement la voix dans ma tête qui a des choses à raconter. Ce sera satisfaisant et productif, beaucoup plus que de me ronger les ongles et me taper sur la tête en me disant que je ne sais pas écrire et que ça sert à rien de continuer. J’ai encore beaucoup de choses à raconter. Quelle chance, j’ai!

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