Courtepointe poétique – l’histoire

En mars dernier, on me confirmait que mon projet de courtepointe poétique était retenu dans le cadre de Page blanche, une initiative du RACRPP (Regroupement Arts et Culture de Rosemont – Petite-Patrie). J’étais aux anges! Pour le projet et aussi parce que j’avais enfin le droit d’acheter du tissu (je m’étais interdit tout achat de tissus tant que je n’aurais pas terminé au moins 2 projets textiles).

Le projet Page blanche

375 secondes de silence avec des inconnus dans deux parcs
375 minutes de présence dans les parcs
375 ans de Montréal

Une oeuvre créée à partir de ces rencontres.

Voilà, en gros, ce que proposait l’appel de projets du RACRPP.

Ma proposition:

Au bout de ces 375 secondes de silence avec des inconnus, leur demander d’écrire un mot sur un carré de tissu. Puis, assembler de mon côté une courtepointe de manière à créer un poème avec les mots choisis.

Le processus

Après une rencontre avec Louis-Antoine Blanchette, coordonnateur général du RACRPP, la signature du contrat et la confirmation de ma date d’événement du 8 juillet, j’ai pu commencer à organiser mon projet.

La première étape: choisir les tissus.

J’ai opté pour des carrés de tissus 10″ x 10″ en précoupé. Ça sauve du temps et ça permet d’avoir une variété de couleurs et motifs. J’ai choisi deux paquets pour combiner des tissus unis avec des tissus à motifs.

Pour les tissus à motifs, j’y suis allée pour le Sun Print 2016 Sundaes de Alison Glass pour Andover Fabric. Les couleurs vives et les motifs discrets (il faudra après tout écrire sur les tissus!) m’ont tout de suite charmée. Et le tout s’agençait parfaitement au Kona Cotton Paintbox Basics Coordinates Ten Squares d’Elizabeth Hartman pour Robert Kaufman. Finalement, le dos de la courtepointe sera gris pour équilibrer toutes les couleurs vives du devant: Free Fall – Battleship par Tula Pink pour Free Spirit Fabrics.

Le mélange de tout ça est parfait!

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Quelques jours avant l’événement, j’ai rencontré Floriane Davin, la médiatrice qui m’accompagnerait le 8 juillet. On a discuté de certains points qui me chicotaient encore: je fais écrire les gens sur du papier et je transcris sur les tissus moi-même? Je leur demande d’écrire sur les tissus directement (au risque qu’il y ait des fautes ou des écritures illisibles)? Finalement, on a opté pour le papier que j’épinglerais au tissu de leur choix. Floriane m’a proposé aussi quelques détails intéressants pour rendre l’activité plus visuellement attrayante.

Mon matériel était prêt, j’étais prête, le jour J arrivait!

L’activité du 8 juillet

La météo nous a fait bien peur: le petit matin commence avec des orages violents et une pluie intense. Heureusement, tout s’arrête une heure avant l’événement. Prévoyante, j’ai mis une serviette dans mon sac pour essuyer les structures de bois dans lesquelles nous recevrions les gens.

Pour l’avant-midi, nous prenons place au parc du Pélican.

Floriane et moi installons une corde sur laquelle nous étendons les carrés de tissus. Une corde à linge colorée pour couper la grisaille de la journée.

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À 9h30, nous sommes prêtes à accueillir les gens. Mais un autre obstacle nous attend: une machine infernale coupe le pavé à quelques pas de nous! Message_1499523455901

Heureusement, le bruit arrête juste comme les premiers participants s’arrêtent.

Quand un participant arrive, je lui explique mon projet et je lui remets un carnet dans lequel la personne peut écrire pendant son silence. Puis, je pars la minuterie. Au bout du silence, nous discutons un peu. Je remets une page blanche et des crayons à la personne pour qu’elle écrive un mot ou deux en lien avec son expérience silencieuse. Je lui demande ensuite de choisir un tissu et j’épingle son mot sur le tissu. Et c’est au tour du suivant.

J’ai rencontré 7 personnes ce matin-là.

Pause dîner. Je terminais la première partie de la journée à 12h30 et je devais commencer à un autre parc à 15h30. J’avais donc beaucoup de temps pour me détendre avant l’après-midi. J’ai mangé vite fait et je suis partie vers le métro Jean-Talon pour m’étendre dans un parc. À ma sortie du métro, l’averse intense m’a fait changé d’idée. Je me suis réfugiée dans un café et j’ai attendu (espéré…) que ça passe. 20 minutes avant de partir, la pluie s’est arrêtée et le gros soleil chaud s’est mis au travail pour sécher les dégâts. Vraiment, nous avons été chanceuses avec la météo cette journée-là.

Le parc Bélanger-Châteaubriand était bien différent du premier parc. Nous avons tout de même trouvé un moyen d’étendre notre corde à linge et c’était reparti pour l’après-midi.

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J’ai réussi à rencontrer 17 personnes en tout, enfants comme adultes.

En cours de matinée, j’ai décidé de donner un mot, moi aussi, pour chacune des rencontres. Comme certaines personnes sont passées ensemble, j’ai choisi 14 mots.

Fière (et épuisée) de ma journée, je suis rentrée à la maison avec mon butin.

Le travail de courtepointe

Je n’ai pas pu attendre le lendemain avant de commencer à travailler sur mon poème.

J’ai noté tous les mots sur des papiers et je les ai étendus sur ma table pour jouer avec les images et les sons.

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Après quelques essais, j’avais une bonne idée du placement des mots. J’ai vérifié avec Aimée Lévesque, une amie poète (qui tient un blogue fabuleux pendant son voyage), que ça tenait la route. Elle m’a proposé quelques modifications et le lendemain je tenais mon poème.

Il fallait maintenant s’assurer que les tissus correspondant aux mots s’harmonisaient.

J’ai donc étendu les tissus les uns à côté des autres… IMG_20170709_150641

… et après plusieurs changements (facilement réalisables parce que les mots que j’avais choisis n’étaient pas associés à des tissus en particulier et il y avait des trous à combler par des tissus vides), j’étais bien contente du résultat.

Aujourd’hui, je suis presque prête à coudre tous ses carrés ensemble. Presque…

Il me reste à:

Délimiter l’espace où je vais écrire les mots sur les tissus.

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Choisir la calligraphie et le bon crayon.

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Transcrire les mots sur les tissus (j’ai tellement peur de gâcher un tissus!)

Repasser tous les tissus pour fixer l’encre du crayon.

Et enfin coudre!

Il y aura une exposition de toutes les oeuvres du projet Page blanche en octobre (je vous partagerai l’information). En attendant, je vous invite à participer aux prochaines rencontres.

J’ai adoré faire ce projet. Je me promets de retenter l’expérience bien assez vite!

Des succès à fêter!

Je viens de réaliser qu’il y a 5 mois que je n’ai rien écrit ici. C’est très long, 5 mois!

Il faut dire que plusieurs projets m’ont tenue bien occupée. Des projets magnifiques que je peux maintenant partager avec vous.

Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil

Lundi dernier avait lieu le lancement de deux actions auxquelles j’ai participé pour le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil.

Lire en famille

Depuis plus d’un an, nous avons amorcé cet audacieux projet en famille pour le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil. Nous avons répondu à un appel de projets et avons été choisis pour mener à bien notre idée. Nous, c’est Danielle Marcotte, Louis-Pierre Théroux-Marcotte et moi. Un projet tout en famille!

Les animations

atelier-parentraide-20160527-1Nous avons préparé 4 ateliers de formation pour les parents autour de la transmission du plaisir de la lecture (0-2 ans, 3-5 ans, 6-7 ans et 8-10 ans) que nous devions animer deux fois chacun. Nous avons remis aux parents présents des trousses contenant de l’information pour la promotion de la lecture et un livre.

Les rencontres ont été riches en partage et en apprentissages. Nous avons vécu de beaux moments, très émouvants. Par exemple, une mère nous a confié qu’elle reprenait son garçon à chaque fois qu’il butait sur un mot jusqu’à ce qu’il en pleure parfois. Elle nous a juré qu’elle ne le ferait plus et qu’elle transmettrait le plaisir de la lecture dorénavant.

Les capsules web

Nous avons aussi monté des capsules vidéo pour le web mises à la disposition des parents via le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil. Ces vidéos sont accompagnés par  des fiches qui donnent quelques trucs pour animer la lecture avec les enfants.

Les ateliers du vendredi

Pour compléter le projet, nous avons aussi ajouté du matériel sur notre page des Ateliers du vendredi: de nombreuses fiches de lecture sur des livres coups de coeur, de l’information sur la préparation pour les visites aux salons du livre et de nombreuses autres informations pour transmettre le plaisir de la lecture.

Bébéluchons

C’est à travers le projet Lire en famille que j’ai rencontré Linda Moisan. Après avoir assisté à l’un de nos ateliers, elle m’a confié le contrat de monter des trousses d’éveil pour les 0-18 mois. J’ai tout de suite accepté.

Mon travail consistait à trouver des livres et des objets en lien avec nos 4 thèmes (animaux, ma journée et ma maison, véhicules, formes et couleurs) pour ensuite créer une fiche d’activité à faire avec ces livres et objets.

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Le nom « Bébéluchon » m’est venu spontanément. L’idée du baluchon représente pour moi tout le bagage que l’enfant transportera avec lui dans sa vie.

60 bébéluchons sont disponibles en prêt de 3 semaines dans les bibliothèques de Longueuil.

Salon du livre de Montréal

Du 16 au 21 novembre avait lieu le Salon du livre de Montréal. J’y présentais une animation de 25 minutes sur la fabrication des livres.

Ce fût un grand succès! D’abord, un article dans le cahier spécial de La Presse pour le Salon du livre de Montréal a annoncé mon animation. Pas un petit 50 mots dans un coin, tout un article!

Cet article a été repris dans le cahier du Salon du livre. Encore une fois, la visibilité a été impressionnante: j’ai eu droit à une double page.
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Finalement, ce sont plus de 150 personnes, principalement des enfants, qui ont assisté à la rencontre. Mon animation se voulait interactive et les participants ont très bien répondu aux questions. C’était dynamique et vivant. Les yeux des enfants étaient allumés.

J’espère avoir l’opportunité de donner ces ateliers à nouveau. Je les donne pour les enfants, mais aussi pour les adultes.

Centre culturel de Pierrefonds

La veille, le 20 novembre, j’étais à Pierrefonds pour donner l’atelier «Devenir un passeur du plaisir de la lecture». Cet atelier s’adresse aux parents, enseignants, éducateurs, bibliothécaires et toute autre personne qui veut transmettre le plaisir de la lecture aux enfants qui les entoure.

wp-1479918834174.jpgDans cet atelier, je tente d’éliminer certains mythes, je clarifie comment on apprend à lire et à écrire, je donne des trucs concrets pour animer la lecture avec les enfants et je présente plusieurs types de livres intéressants et stimulants pour les petits et grands.

Encore une fois, la rencontre a été riche en beaux moments. Les parents et grands-parents sont repartis avec des apprentissages importants: une mère a compris qu’elle ne devait pas exiger que ses enfants lisent seulement des romans classiques ou des livres pour se cultiver. Une grand-mère était étonnée du fait que les enfants apprennent à lire et à écrire dès la naissance.

Coaching littéraire

Après la publication de son premier roman, Les pierres bleues (éditions Goélette), Chantal Bissonnette a fait à nouveau appel à mes services pour travailler sur la suite. Je me suis donc replongée dans le travail de coach littéraire et nous avons terminé le travail au début de novembre. Le manuscrit est maintenant chez l’éditeur et nous attendons les commentaires de lecture. Le roman est un page turner.

Vous pouvez suivre l’auteure sur facebook.

Courtepointes

Parce qu’il faut se détendre quelques fois, j’ai aussi entrepris deux projets de courtepointe. Pourquoi deux? Parce que je suis incapable de faire une seule chose à la fois!

Le premier projet est pour moi… à moins que je finisse par le vendre, alors je serais obligée (oooooh! Quel malheur!) d’en faire un autre juste pour moi. Il s’agit d’une courtepointe pour mon lit queen. C’est le premier gros projet sur lequel je travaille.

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J’ai aussi enfin terminé le cadeau de Noël (dernier…) de mon chum: un ensemble de 6 napperons. Ils sont conçus avec les mêmes tissus, mais sont tous différents. Ils ont été assemblés à la machine, mais quiltés à la main.

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Finalement, j’avais tellement de bouts de tissus qui dormaient dans mon armoire que j’ai décidé de me lancer dans l’apprentissage d’une nouvelle technique (nouvelle pour moi, parce que c’est une méthode ancestrale!): le paper piecing en hexagones.

L’effet est très intéressant, très vivant avec toute une variété de tissus. Bon, j’ai triché un peu… J’ai décidé d’acheter du tissus avec plusieurs couleurs pour que les tissus s’assemblent bien.

Avec tout ça, je n’ai pas beaucoup écrit. Mais j’ai quand même retravaillé un vieux texte que je souhaite bientôt présenter à quelques maisons d’édition.

Je travaille aussi maintenant à temps partiel à la librairie du Square (métro Sherbrooke à Montréal). J’adore mon boulot.

Comme je le disais, je n’ai pas chômé! Mais quelles expériences magnifiques!

 

De la productivité à la satisfaction

Depuis quelques temps, je réfléchis beaucoup sur la productivité. Pendant que mon psy essaie de me faire comprendre qu’il faut que je m’arrête et que je guérisse ma pneumonie comme du monde (elle est disparue de mes poumons, mais je tousse encore beaucoup), je suis une formation sur l’écriture productive.

Je me questionne beaucoup. Pourquoi faut-il être aussi productifs que ce que la société semble exiger de nous?

Je me regarde aller. Je suis déçue de moi chaque fois que je ne fais rien. Tous mes passe-temps doivent « servir à quelque chose »: un apprentissage, l’augmentation de ma culture générale, une production, un résultat concret, un avancement dans un projet. Et m’arrêter vraiment? Pas le droit. Jouer aux Sims est la chose la plus honteuse qui soit. Pendant ce temps-là, scandal, je n’ai pas lu, pas écrit, pas tricoté, pas répondu à des courriels, pas jeté des idées pour créer ma nouvelle entreprise, pas courtepointé, pas fait le ménage. Bref, je n’ai pas avancé. Bref, j’ai gaspillé un temps précieux qui m’a été donné.

Pourquoi faut-il donc tant avancer tout le temps?

Je réalise que je développe de l’anxiété parce qu’on m’a trop dit: « La vie passe si vite, il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier, il ne faut pas perdre de temps, il faut tout faire aujourd’hui. » Avez-vous une idée de ce que ce genre de phrase représente pour une fille qui a un TDAH? Même sans ce diagnostic, quel genre d’humain peut vivre chaque jour comme si c’était le dernier… Tous les jours? Sans se brûler? Ben voyons.

« Et le septième jour, Dieu se reposa… »

Et en même temps, force m’est d’admettre que je ne retire aucune satisfaction à jouer aux Sims. Ça finit par m’éteindre, me déprimer, me couper la créativité, me donner le goût de dormir à fond. Ça me brûle le cerveau et m’endort le corps. Comme manger du fast food. Tu penses que c’est bon sur le coup, mais tu mets des heures à t’en remettre.

J’ai suivi une formation intéressante lundi soir dernier. Offerte par Martin Mercier du Centre de création scénique, le cours Les Rythmes du travail et l’écriture productive m’a grandement stimulée à écrire plus et à retrouver mon énergie. On y apprenait à varier les activités dans une journée pour que l’une soit le repos de l’autre. Bref, à se reposer en faisant et à faire en se reposant.

Cette productivité est satisfaisante. Je me demande par contre si je ne saute pas dans une course folle où je ne prends pas le temps de m’arrêter.

Mes réflexions me mènent à considérer mes choix d’activités non plus en fonction de leur productivité, mais en fonction de leur degré de satisfaction à long terme. Je ne prends pas le temps de méditer et pourtant, c’est sans doute l’activité qui me permettrait le mieux de me reposer et de me recentrer pour être plus productive. Beaucoup plus qu’une heure de Sims, en tout cas!

Créer de l’espace dans mon horaire. Dans mon appartement. Un espace physique et mental. Varier les activités à concentration intense et faibles. Bouger plus. Faire plus, mais faire ce qui me satisfait.

Écrire demande un effort de plus… mais rapporte beaucoup en satisfaction.

Et ce que me disent mes réflexions, c’est que je ne dois pas écouter les éditeurs qui me disent que mes textes ne vendent pas assez… et écouter seulement la voix dans ma tête qui a des choses à raconter. Ce sera satisfaisant et productif, beaucoup plus que de me ronger les ongles et me taper sur la tête en me disant que je ne sais pas écrire et que ça sert à rien de continuer. J’ai encore beaucoup de choses à raconter. Quelle chance, j’ai!

Je suis toujours en retard

Quiconque me connaît un peu sait que j’ai bien du mal à être à l’heure. Je n’arrive pas à l’expliquer. Je ne prévois pas l’imprévu, j’en mets toujours trop dans mon assiette et j’utilise chaque moment libre pour « faire quelque chose » même s’il me reste 2 minutes avant de partir. Bref, je ne suis pas ponctuelle et j’utilise la généralisation excessive pour expliquer ça!

Ce préambule, et mea culpa, me permet d’introduire mon bilan de l’année… en cette fin de mars.

J’aime bien faire des bilans. Ça permet de retenir le positif, de ressortir ce qui a vraiment été important parmi tous les faits divers auxquels on donne trop d’attention. C’est aussi un bel exercice d’écriture.

Je ne sais pas pourquoi je brette à écrire ce bilan. Il est très positif, le bilan de 2015. Le premier vraiment positif depuis 4 ans. C’est pas rien!

Je n’arrive plus à me rappeler de janvier ou février 2015. Ma belle année a commencé en avril. C’était la fin de mon emploi chez Somme toute/Tête première. J’étais triste de ne pas me replacer dans le milieu du livre. Je le suis encore. Mais c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.

Janvier et février, ça me revient, j’étais en couple. Ça n’a pas duré, mais ça m’a donné beaucoup. Et ça m’a permis d’être prête à accueillir dans ma vie mon amoureux. J’avais du chemin à faire et je l’ai fait.

Côté création, j’ai travaillé fort. En plus de m’adapter au 9 à 5, j’ai eu le temps d’éditer le premier livre de Marc Cassivi, de coudre deux courtepointes, de créer 20 toutous (toujours sous mon aiguille, par contre!) et de travailler sur le projet Lire en famille à Longueuil avec l’entreprise que je mène avec mère, Les ateliers du vendredi. Ouf!

J’écris un peu parmi tout ça. Mais pas assez à mon goût. Je ne forcerai pas les choses. Je vais garder mon énergie pour ce texte qui a été accepté par une maison d’édition européenne.

Une chose à la fois. C’est mon mantra! J’essaie de l’appliquer. C’est pas si simple! J’échoue souvent, pour être honnête! Mais j’avance. De moins en moins de médication, de plus en plus de contrôle sur mon hygiène de vie. Je m’en sors. J’ai la tête hors de l’eau. Et j’apprends à nager. Ça demande des efforts constants, je n’ai pas le droit de relâcher la garde. C’est là tout le défi: travailler à ce que ça devienne naturel.

2016 est bien entamée. Je me souhaite des contrats. Je me sens plus solide et, même si j’adore mon travail, j’espère un jour redevenir travailleuse autonome. Je sais que je suis capable de retourner à ce mode de travail.

À suivre!

Des castors à l’ACELF

Depuis cet été, je travaille fort à concevoir de petits peluches castors pour le concours Francoportraits de l’ACELF. Les castors sont sous mes aiguilles, maintenant.Armée de castors

Ce projet vient de ma participation au concours de l’an dernier. Je devais écrire un début d’histoire que des enfants dans les écoles allaient compléter. J’allais ensuite visiter les enfants dans l’école gagnante. Annie Côté a vu mes peluches et m’a proposé de participer au nouveau concours de cette année, le Francoportrait. Bien heureuse, j’ai fait des tas d’esquisses pour trouver l’animal parfait – j’avais carte blanche – et j’ai proposé 3 choix: un écureuil, un castor et un animal inventé. C’est le castor qui a charmé l’ACELF!

Il a fallu ensuite choisir les tissus. J’aurais voulu un tissus brun à imprimés de bois, mais quand j’ai vu le tissus turquoise, je n’ai pas pu résister. L’étape suivante: faire le démo et l’envoyer avant de me lancer dans la production des 20 castors. Les premiers exemplaires n’ont pas tout de suite plu à l’équipe et j’ai dû retourner à mes dessins. Le bon castor trouvé, j’ai pu me lancer!Queues de castor

J’ai aussi dû me faire faire un logo et chercher un fournisseur d’étiquettes en tissus (pas si simple pour de petites quantités!) C’est finalement CottonTrends qui m’a fourni les étiquettes.

J’avance bien dans la couture, mais c’est beaucoup plus long que je pensais. Il faut ajouter au temps estimé les allers-retours au magasin de tissus pour acheter du fil (au moins 4 fois déjà), les batailles avec la machine qui décide de bloquer, le remplissage de bobines et toutes les coutures à la main qui sont bien longues à faire. J’utilise le temps de mes dîners au travail pour faire ça… mes collègues suivent l’évolution du projet castors avec moi!

C’est tout un projet! J’espère que les gagnants aimeront mes petites bêtes et que ces dernières résisteront aux câlins des enfants!

Me reste un problème à régler: trouver de la place pour stocker toutes ces bêtes qui s’empilent sur mon bureau en attendant de les envoyer à l’ACELF!

Tas de castors

Un écrivain, ça publie?

Je réfléchis beaucoup ces temps-ci à cette question. Un écrivain est-il juste un écrivain s’il publie? Un écrivain qui n’arrive pas à publier serait-il moins un écrivain?

Ces dernières années, j’ai moins écrit et je n’ai rien publié. 3 ans sans publier et à moins écrire. Pas vrai… j’ai quand même terminé 6 livres. Quand on y pense, ça fait 2 par année, c’est loin d’être mauvais. Pourquoi alors cette sensation?

Parce que je n’ai rien publié, oui. Mais pas que. C’est aussi parce que j’ai beaucoup moins créé de nouveaux textes. Je n’ai pas inventé de nouvelles histoires. Avant, j’avais de nouvelles idées tout le temps. Avec la médication, mon hamster s’est endormi, je pense. C’est cette effervescence qui me manque, que je recherche encore et encore. Oui, c’est ça qui me manque, en y pensant bien, le plaisir de l’idée nouvelle, des premiers mots qu’on couche sur papier, de ce plaisir de tenir un début d’histoire sans savoir vraiment ce qu’on en fera. J’aime écrire le premier jet. J’en ai écrit seulement deux ou trois en 3 ans.

Cette sensation de ne plus être auteure, que tout est terminé pour moi, que je n’écrirai plus pour vrai est particulièrement obsédante. Surtout quand cet aspect de notre travail est devenu une part de notre identité.

J’ai des éditeurs qui ont arrêté des projets auxquels je tenais. En quelques mots, c’était comme si je me faisais dire: tu ne vends pas assez, tu n’as pas le droit d’être auteure. Difficile à recevoir. Ça impose des bilans qu’on n’a pas nécessairement envie de faire. Ou plutôt des bilans dont on craint les résultats.

Puis, j’ai reçu un oui. Et j’ai exprimé mon soulagement: je suis encore une auteure. Ce sont les réponses à ça qui ont relancé le questionnement d’aujourd’hui: tu es une auteure parce que tu écris; l’auteur écrit et l’éditeur publie, si tu ne publie pas, c’est la partie de l’éditeur qui fait défaut, pas la tienne. En gros, tant que j’écris, je suis écrivaine.

Ça me laisse perplexe. Une partie de moi adhère à cet argument. Écrire, c’est ma partie. Et comme je viens d’établir le fait que j’écris moins, que j’ai moins besoin d’écrire, il est possible que ce soit suffisant, selon cet argument, pour que je ne me sente plus écrivaine.

Par contre, cet argument ne me convainc pas. Être écrivain, c’est être publié. Sinon, toute personne qui écrit des textes par-ci par-là pourrait se qualifier au titre d’écrivain? Ça fait beaucoup de gens!

Il y a un aspect « professionnel » pour moi dans le mot écrivain. Une reconnaissance des pairs. Une partie du travail consiste à avoir le guts de partager ses écrits, de les rendre disponibles, d’assumer les critiques (ou l’absence de…) C’est d’ailleurs essentiel pour devenir membre de l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec (Québec). Doit-on être membre de l’union pour porter le titre? Absolument pas! Beaucoup d’écrivains reconnus ne sont d’ailleurs pas membres. Et certains autres au talent discutable en sont membres. Doit-on être bon pour être écrivain? Absolument pas.

Et le compte d’auteur, dans tout ça. Est-ce que le fait de publier par un éditeur agréé rend plus écrivain? Peut-être qu’il ne s’agit pas d’un variable oui/non, mais d’une variable nuancée?

Une autre question qui me chicote. Lorsqu’on devient ecrivain pour la première fois, le reste-t-on toute notre vie? Ou est-ce comme un titre professionnel: on peut changer de métier, donc de titre? Suis-je écrivaine parce que j’ai publié, même si je ne publie plus? Sinon, après combien de temps sans écrire est-ce que je perds mon titre?

Je m’y perds. Je n’arrive pas à une conclusion claire. Ce que je sais, c’est que pour moi, un écrivain c’est un professionnel de l’écriture qui publie et invente de nouvelles histoires.

Et vous? Vous en pensez quoi?

La mélancolie de l’auteure

En démarrant ce blogue, je souhaitais partager mes pensées sur le monde, faire la promotion de mon travail d’auteure, me provoquer en duel pour écrire plus.

Mais…

La vie étant ce qu’elle est, et étant ce que je suis, c’est plutôt sur la santé mentale qu’ont porté mes textes. Je ne regrette pas, j’ai écrit ce qui me venait. Ce qui était vrai. Je n’en suis pas gênée.

Mais voilà. Je commence à aller mieux et j’écris moins.

Ça me fait réfléchir.

Beaucoup.

Je n’ai jamais adhéré à l’idée de l’artiste malheureux. Je ne crois pas qu’on doive souffrir pour créer. Avoir vécu des choses difficiles aide sans doute quand vient le temps de rendre l’écriture réaliste, mais l’image de l’artiste qui a besoin d’être tourmenté pour créer, je n’y adhère pas. De mon point de vue, c’est un leurre qui permet à plusieurs de se maintenir dans un état de détresse et de se trouver des excuses pour ne pas aller mieux, pour ne pas affronter ses démons.

Or, je constate récemment que mon écriture est plus profonde, plus puissante, quand je ne vais pas bien. Ça m’embrouille et me laisse perplexe.

J’ai toujours été mélancolique. J’ai depuis longtemps utilisé l’écriture pour m’aider à sortir de cette mélancolie. Est-ce à dire que le moteur ou l’étincelle de mon écriture est la déprime?

D’un autre côté, l’écriture pour la jeunesse a été possible et même plus facile dans les périodes de grand bonheur.

Comment écrit-on quand on va bien? Qu’ai-je tant à raconter, quand je vais bien? Ai-je l’écriture lourde?

Amertume

Constat: je suis amère.

Une auteure amère.

J’ai fêté récemment les 4 ans des Trognons! De 2008 à 2012, j’ai publié 9 titres. Tout allait bien.

Mais voilà. Quelques embûches sur le chemin, j’ai perdu mes deux éditeurs presque en même temps. Les 400 coups ont changé de propriétaire et la ligne éditrice ne m’inclut plus. La courte échelle a fait faillite et la nouvelle ligne éditoriale ne m’inclut plus non plus.

J’en suis très triste, et je dois l’avouer, j’en reste amère. Le monde du livre n’est pas à son meilleur en ce moment. Des coupures partout, moins de gens qui achètent des livres… difficile de faire sa place chez un nouvel éditeur puisqu’ils sont tous bookés jusqu’en 2017! Difficile même pour ceux qui ont de l’expérience dans le milieu du livre, qui ont des contacts et 10 publications derrière la cravate. Je n’ose même pas imaginer la difficulté qu’éprouvent les jeunes auteurs en quête d’une première publication.

J’ai 6 manuscrits prêts à être présentés à un éditeur. 5 albums et un premier roman! Après la publication de ma nouvelle dans le recueil de l’AEQJ, je me suis dit que ce serait bien de tâter le roman. J’ai réussi à transformer un album qui ne fonctionnait pas en roman qui, espérons-le, fonctionne. Mais qu’est-ce que je fais maintenant? 6 manuscrits qui valent la peine d’être lus et une recherche d’éditeur qui ne mène à rien (tiens, on dirait une phrase de Léa enquête!) Et cette peur au ventre de ne plus être une auteure. Cette peur que le sentiment de l’imposteur ait été plus qu’un sentiment dans mon cas. Mon éditeur m’a dit « j’espère que tu ne vas pas rester amère de ça. Tu as déjà publié, tu vas publier encore. » Ouais. Peut-être. Mais en attendant, vous m’avez coupé l’envie!

J’ai tendance à ne pas prendre mes responsabilités. À remettre la faute sur les épaules des autres. Bien mauvaise attitude. Mon réflexe est de faire comprendre aux éditeurs leur rôle dans le processus créatif (ou l’absence de…), de leur faire prendre une responsabilité dans le cheminement de leurs auteurs, qu’il comprennent toute l’importance qu’ils ont sur la vie et la mort des œuvres. Bien mauvaise attitude.

Je constate: je n’écris plus par plaisir, mais pour être publiée. Parce que j’ai peur de ne plus être auteure. J’ai peur de me sentir humiliée devant mes collègues. J’ai peur que mon identité, celle d’écrivaine, n’existe plus. Je n’ai plus envie d’écrire en ce moment. Ouin, pis?

Conflit intérieur

Ouin, pis? Pas si simple.

Le conflit, c’est ce qui crée de la pression. Je n’ai plus d’idées pour écrire. Mais j’ai encore envie d’écrire. J’ai envie de publier aussi. J’aime inventer des histoires. J’aime le sentiment particulier que j’éprouve quand je sens enfin que mon histoire est bien bouclée. Que ça se tient. Qu’il y a quelque chose d’intéressant derrière les mots que je viens de taper. Je m’ennuie de ce feeling-là.

J’ai 6 manuscrits entre les mains qui ont besoin d’une maison, d’un partenaire de création. Qui ont besoin et le droit d’exister. Je les garde dans mes poches en attendant que le moment se présente.

J’irai faire un tour au salon du livre ce dimanche. En touriste pour la première fois depuis 19 ans. 19 ans à travailler au salon du livre. Ça en fait des années!

L’amertume est là. Je ne peux pas la nier. Mais, je peux l’affirmer, elle passera. Comme les nuages. Comme la dépression. Comme cette période noire du livre.

Laurence Aurélie au Café de Da (Bibliothèque Ahunstic) – 17 novembre

Ce mardi (17 novembre, 19h30), je donne un atelier sur le monde du livre au Café de Da (Bibliothèque Ahunstic). Soyez-y!

 

Laurence Aurélie 2Tout sur l’univers de l’édition et les meilleures astuces pour réussis à se faire publier

Quand on a une soif d’écrire et qu’on y parvient, on ne souhaite pas que nos textes dorment au fond d’un tiroir. Notre spécialiste vous racontera tout ce qu’il y a à savoir sur le monde de l’édition, la recherche du bon éditeur et la soumission d’un manuscrit.

Séparation

Ma belle-maman m’a demandé il y a quelques temps si j’avais du mal à me séparer d’une courtepointe sur laquelle j’ai travaillé longtemps. J’ai répondu sans réfléchir «Nah. J’aime les faire, mais je ne saurais pas trop quoi en faire une fois terminée. Je les produis pour qu’elles soient utilisées. Ça me fait bien plus plaisir de savoir qu’elle est entre les mains d’un petit loup!»

Or, hier soir j’ai remis une courtepointe à ma cousine pour sa fille toute neuve de 3 semaines. Elle me l’a commandée en mai, si ma mémoire est bonne. Elle l’attendait depuis longtemps! J’ai travaillé dessus longtemps.

C’était une courtepointe un peu spéciale. Ma première vraie commande. La première fois que je fais sur mesure une courtepointe selon des demandes d’une cliente. D’habitude, les gens m’achètent une courtepointe déjà terminée. Mais il y avait plus. C’est pour cette cousine que je me suis mise à faire des courtepointes. Elle attendait le premier bébé de notre génération. J’étais à la maison, en pleine dépression, et j’ai décidé de faire une première courtepointe pour elle et son bébé.

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Quand elle a appris qu’elle était enceinte du deuxième enfant, elle m’a demandé de refaire une courtepointe dans le même genre, mais dans des teintes de rose pour sa petite fille à venir.

J’aime pas trop faire du rose-rose pour les filles, alors j’ai joué un peu avec les tissus. 

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La plus longue partie a été de choisir le motif pour placer les morceaux ensemble.

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J’ai tourné et tourné les pièces dans ma tête (et sur mon plancher!) tellement de fois que je ne voyais plus rien.

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J’ai donc fait un appel à tous sur facebook.

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Et c’est la principale concernée qui a tranché.

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Ce soir, j’ai remis à une maman et à sa fille une courtepointe qui deviendra son doudou. Ce soir, j’ai compris qu’on peut avoir un pincement au coeur de voir partir un objet qu’on a aimé et fignolé pendant plusieurs mois. Je suis fière de ce que j’ai fait. J’espère que la petite Eva sera tout aussi heureuse de cette couverture que je le suis.

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Je te souhaite une belle et longue vie, Eva. Une vie pleine de rebondissements, de joies, de petits bonheurs et de grands plaisirs. Une vie à la hauteur de tes attentes à toi.