Il y a longtemps

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici. Trop longtemps à mon goût. C’est que la vie s’amuse à jouer de mon temps et de mon énergie.

L’année nouvelle amène les bilans et les résolutions. Je n’aime pas l’idée des résolutions, je préfère penser que je me donne de nouveaux défis suite à mes bilans. Même chose? Les mots pour le dire changent tout!

Je vais beaucoup mieux. Je me sens sortir de la dépression tranquillement. Une étape à la fois: c’était mon mantra de 2014. Mon mantra 2015 sera sans doute en lien avec la patience: laisser le temps faire les choses. Je n’aime pas les conflits, les difficultés, les problèmes en suspens. Je veux tout régler vite et souvent j’empire les choses au lieu de les améliorer.

Aujourd’hui, j’ai recommencé à noter tout ce que je fais dans mon cahier. Ça m’aidait beaucoup à tenir le cap sur ce que j’avais à faire. Depuis 3 ans, j’ai arrêté de le faire. Je ne sais pas trop pourquoi. Ce matin, c’est revenu naturellement. C’est ça, l’idée, avec le temps: les choses viennent naturellement.

Dans ma vie affective, toujours plus de place à l’amitié. Pas d’amoureux en vue pour le moment, mais j’ai fait du ménage et mon espace à grand amour est beaucoup mieux aménagé pour le recevoir. Me reste la patience. On y revient!

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici, mais j’écris à nouveau. Un livre que ma donné ma mère m’a relancée. Dans ce livre, La source de la créativité: L’art de la persévérance de Julia Cameron aux éditions Octave, la première suggestion est d’écrire 3 pages 8½ x 11 de texte automatique tous les matins. Pas toujours facile, mais je le fais la plupart du temps. De plus en plus souvent. J’aime ça. Ça me libère énormément. Une forme de méditation thérapeutique. J’ai donc beaucoup écrit, mais moins ici.

J’ai pris conscience aussi du bien-être que m’apporte le tricot. Une autre méditation 20141224_135551thérapeutique. 20150109_145203J’ai terminé ma paire de bas et j’ai eu une commande pour une autre. Je n’ai pas pu retrouver la laine des orteils et du talon, alors j’ai fait une légère modification que ma cliente a bien aimée. J’ai presque terminé la deuxième paire.

La couture m’apporte beaucoup de fierté. Pour Noël, on m’a demandé de concevoir un tablier pour un garçon de 7 ans. Je n’avais pas de patron. C’était mon premier défi du genre. Je suis tellement contente du résultat! Je posterai sous peu le récit de cette belle aventure avec les photos.

Il y a bien longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien dans mon appartement. Après 3 ans d’accumulation de pas de ménage et de ramassage de tout plein de choses inutiles, mon appartement a l’air d’une catastrophe. Mais une amie bienveillante qui adore faire du ménage et mon frérot toujours là pour me donner un coup de main sont venus passer une journée de corvée chez moi. Ma cuisine étincelle. Les choses ont trouvé leur place et j’ai même plus d’espace qu’avant sans avoir pourtant jeté grand chose. Le bonheur! Ça me donne des ailes. Je m’imagine maintenant inviter des gens chez moi. Tranquillement, avec de la patience, les choses se mettent en place.

Une autre activité que j’ai délaissée pendant trop longtemps: les Rendez-vous d’écriture à la Maison des écrivains! Ils seront de retour dès la semaine prochaine. N’hésitez pas à vous inscrire! Au menu, de nouveaux exercices, encore plus de textes. Un groupe avec lequel on a tellement de plaisir. Est-ce que ce sera votre résolution cette année? Venir écrire avec nous?

Bonne et heureuse année 2015. Que cette violence qui s’abat sur les premiers jours de janvier ne soient pas une annonce de ce que l’année nous réserve. Il y a bien longtemps, je croyais à la vie, à l’humain, à la bonté. J’y crois un peu moins aujourd’hui. J’ai vieilli. J’ai été blessé. J’ai lu et j’ai vu trop des horreurs qui se passent partout autour. Mais ici et maintenant, je crois que la force du nombre vaincra à coup de câlins et de mots d’amour. Alors je vous aime. Payons tous au suivant!

#JeSuisCharlie #JeSuisTousLesAutresAussi

Publicités

Écrire… quoi?

Ce soir, je me sens mélancolique. D’habitude, ça me pousse à écrire. Mais ce soir je vais d’un projet à l’autre et je ne me sens à ma place nulle part. 

J’ai d’abord voulu écrire ce projet sur le célibat. Parfait état pour écrire ça, que je pensais. Ben non! Dans ce projet, je suis plutôt rendue à l’étape recherche qui ne me tente pas ce soir. Il est trop tard pour ça, je m’y attaquer cette semaine. 

Mes yeux fatigués et mes verres de contact usés ne m’aident pas non plus. 

Et quelques histoires de la vraie-vie-qui-est-trop-réelle-et-pas-assez-rêvée-parfois en tête… 

Ne pas y penser. 

Peut-être que je pourrais travailler sur ce projet de roman jeunesse. Mon petit prince que j’ai planté là, dans de sales draps, d’où il devra bien sortir un jour où l’autre! Je travaille sur la 25e version. J’ai commencé ce texte, j’étais encore à l’UQAM dans mon bacc en psychologie. Ou était-ce pendant mon année comme étudiante libre? D’une manière ou d’une autre, ça fait plus de 7 ans que je retourne cette histoire dans tous les sens. Depuis un an, je transforme le texte prévu pour un album en roman. J’ai au moins 4 débuts différents et j’ai du mal à choisir celui qui commencera bien le texte. Difficile! Mais le défi du roman me plaît beaucoup. Je viens de placer le chapitre 3 dans le chapitre 4, et le 4 dans le chapitre 1. Il restera à ajuster les transitions, sabler un peu les arêtes, en espérant que cette fois-ci la charpente tiendra le coup. 

J’avancerais bien aussi ce texte que j’écris à 4 mains avec ma mère, Danielle Marcotte. Une histoire de livraison qui tourne mal, dans un monde inconnu. C’est si agréable de retrouver la complicité de l’écriture à deux avec ma co-auteure de la série Moka et Pica! Mais voilà, on vient encore de revoir l’histoire. La relecture de la première version nous a laissée complètement dégoûtées! Ma mère a réussi à relire le texte au complet. Je n’ai pas dépassé le deuxième chapitre. C’était si mauvais qu’on n’arrivait même pas à réécrire. On est retournées à la base: quelle est l’histoire qu’on veut raconter? Comment l’histoire avancera? Chapitre par chapitre, ça se traduira comment? C’est très stimulant. Cette fois-ci, on est sur la bonne voie… jusqu’à ce qu’on se rende compte que ça ne tient pas la route et qu’on recommence tout depuis le début et qu’on se dise que cette fois-là, on tient vraiment quelque chose! Cent fois sur le métier, qu’ils disent? Cent fois, tu réécriras, en fait! Ça fait partie du plaisir d’être auteure, je crois! C’est comme un casse-tête pour lequel on a égaré l’image sur la boîte. Il faut assembler des morceaux sans trop savoir ce que c’est supposé représenter. J’aimerais bien travailler là-dessus ce soir, mais c’est difficile toute seule à cette étape. 

Tout ce qui me tente, dans le fond, c’est de continuer à lire et à commenter le roman de mon ami. Il m’a demandé de lui donner mon opinion franchement. J’ai accepté. En lisant son manuscrit, j’ai les deux pieds dans mon rôle d’éditrice. J’apprécie de plus en plus ce rôle. Je m’y sens bien. Je sens que je peux y être compétente. J’apprends et j’ai la place pour le faire. Il y a de la pression, il y en a toujours, mais elle est supportable. 

Voilà. Ce soir, je voulais écrire et je viens de le faire. Ce soir, je voulais être éditrice et je l’ai été. 

Peut-être que ce soir, je me coucherai tôt, tout simplement, sans chercher à étirer une soirée mélancolique en nuit qui sert à quelque chose. Peut-être que pour une fois j’accepterai d’avoir pris mon temps, juste ça. Dolce farniente… un jour, j’y arriverai. 

Lutte de prédateurs

J’ai tourné autour du pot toute la journée. J’ai même fait le ménage! C’est tout dire.

J’ai lorgné vers mon ordinateur. Je me suis dit que je devrais réaménager mon bureau pour être plus performante. J’ai voulu prendre un sieste. Je me suis rappelé que je n’avais pas dîné. J’ai même essayé de faire des plans pour la soirée. TOUT sauf écrire…

J’ai mangé, j’ai dormi, j’ai fait le ménage, j’ai réaménagé le garde-robe et les armoires, j’ai perdu du temps sur mon cellulaire… Mon ordinateur et moi, on s’est épiés. On s’est jaugés. On a noté nos points faibles et les risques potentiels que notre opposant pouvait nous infliger.

Je me suis rendue, presque en rampant, vers mon ordinateur. Mes muscles m’ont lâchée un à un. JE VEUX, MAIS JE NE SAIS PAS! Je ne sais pas écrire, je ne sais pas quoi écrire, je ne sais plus sur quel projet travailler. Je devrais avancer celui-ci et celui-là. Ne pas succomber à la tentation de repartir quelque chose de nouveau, encore, sans avoir terminé ceci et celà. MAIS JE N’AI PAS ENVIE! Botte toi les fesses.

Les poignets sur le rebord du laptop, les doigts qui serpentent, à la chasse au mot qui va tout démarrer, j’amadoue la bête. LA PRISE DU HOMARD. Flatte, flatte entre les yeux. Doux, doux, clavier. J’AI DÉJÀ MAL AUX TUNNELS CARPIENS! Mon corps se crispe. L’ordinateur a frappé là où ça fait mal. Je reprends mon souffle. J’empoigne la souris, je la mets à ma main. Souffle, souffle, Lolo. Cherche le document, le fichier qui va agenouiller le prédateur. Chercher, cherche pour atténuer la douleur. Oublie. NE PENSE PAS!

Tourner autour du pot. Laisser défiler les fichiers pleins de débuts d’histoires. Il faudrait écrire au moins un peu. Quoi? Pour quel âge? Comme ça stagne chez l’éditeur d’album, j’ai envie d’écrire des romans… mais je ne sais pas écrire des romans. Pas encore. Tant qu’à faire, arrête carrément la danse et saute dans ton roman adulte. SAUTE ET ÉCRIS, BORDEL! Ouvrir facebook. Commencer un statut. STOP. Ouvrir WordPress. Commencer un article. Bon. Les mots se déversent. Tu as percé la bête, transpercée, la carapace de tête de cochon. C’est bon. Maintenant, fin. FIN. Ouvre un fichier et écris. ÉCRIS POUR TE SENTIR MIEUX!

(Et surtout, te redire en boucle comme tu es exceptionnelle. JE SUIS UNE SACRÉE CHASSEUSE.)

De la culpabilité de s’écouter

Il y a un apprentissage qui n’est pas simple à faire quand on est de ceux qui se sont valorisé par la présence aux autres. Celui de s’écouter.

Samedi dernier, j’avais un souper de famille pour un oncle que j’adore. Pour ses 50 ans, ce n’est pas rien. J’avais aussi un autre souper, si je revenais en ville assez tôt, pour l’anniversaire d’un ami avec un nouveau groupe de joyeux lurons pour qui j’ai eu un coup de foudre (je les ai rencontrés en allant garder des enfants que je ne connaissais pas, ni leurs parents, d’ailleurs). Mais laissons ça de côté pour tout de suite.

Il y avait aussi deux activités qui me tentaient dans cette journée magnifique (n’oublions pas que samedi, c’était un temps à ne pas mettre une rousse dehors!): les portes ouvertes des ateliers d’artistes coin Ontario et De Lorimier; le vernissage chez Raplapla coin Villeneuve et St-Urbain. Une seule folle assez folle pour parcourir la ville avec moi: Aimée. On se fait signe assez tôt, vers 1h30 on est en route. Après un dîner au Capri, on est pleines (je roule presque) et on a un peu moins d’entrain et de courage à courailler la ville d’est en ouest. Décision: autobus Rosemont, marche vers Raplapla et Camellia (mon amie doit y être pour 17h, pas grave, je dois être à Ahunstic pour 16h30). Gardons ça en tête pour tout de suite.

En passant devant la nouvelle bibliothèque Marc-Favreau, on impulsionne d’aller y jeter un œil. (J’ADORE LES JOURNÉES D’IMPULSIONS!) La bibliothèque est magnifique. Ça sent la bibliothèque, il y a des gens partout (malgré que ce soit une journée à ne pas mettre rousse dehors!), des coins aménagés avec intelligence où on peut lire en paix. Bref, on y passe un petit 15 minutes bien investies et on ressort avec un sourire presque aussi étincelant que le soleil.

On file chez Raplapla (première journée en robe pas de collants, les filles qui ont un surplus de poids comme moi comprendront la souffrance derrière le sourire: les cuisses qui brûlent de friction, aouch!). J’y vois la moitié féminine du groupe d’amis joyeux lurons chez qui je ne peux pas aller parce que c’est la fête de mon oncle (50 ans, c’est pas rien!) On rit (parce qu’avec ces dames, on rit! Elles sont géniales. Josée et Émilie, vous l’êtes, géniales!) Je peux leur présenter ma douce-moitié-amicale-que-si-c’était-un-homme-on-serait-époux, on boit de la limonade gratuite, on rigole à l’idée de repasser devant les jeunes filles qui en vendent un peu plus loin en disant « han-han! on l’a même pas payée! » (ce qu’on ne ferait jamais… parce qu’on est des bonnes filles!) Et vlan! Aimée et moi repartons rien que sur un bord de cuisse (l’autre est d’une souffrance à écorner les bœufs qui n’amassent pas mousse). Petit fait cocasse: mes médicaments créent une sueur pas possible sur ma personne qui, déjà, avait tendance à avoir chaud facilement. On ajoute à cela un surplus de poids causé par les mêmes médicaments (damnés médicaments!) qui fait que se lever est un effort et un soleil à ne pas sortir sa rousse, ça donne une grosse rouquine moite. Hum. L’image est plus effrayante que la réalité. Sauf que c’est une journée venteuse aussi. Fiou! Bonheur, vous dites-vous. Ben non! Parce que j’ai les cuisses qui chauffent d’avoir trop tapé des mains, je tiens le bas de ma robe pour pas jouer les Marilyn, je reluis et vlan, un coup de vent sorti de nulle part m’envoie une pluie de sable dans la figure. Menoum, me dis-je en recrachant les poussières croquantes de ma bouche avec le peu d’élégance qu’il me reste. J’ai l’impression d’avoir été bétonnée. Pas grave, on réussit à attraper l’autobus! Yé!

Arrivées au Camellia (je ne ferai pas le récit de la longue marche, encore, qui finit d’éroder la peau délicate qu’il me reste dans l’intérieur des cuisses), je commande mon thé en me disant que je dois appeler mon père tout de suite pour lui dire que je n’irai pas finalement au souper de mon oncle. Ça me stresse de l’appeler pour lui dire ça. Beaucoup. Ça me stresse de me dédire d’un souper de famille. Comme si ce n’était pas un droit de manquer une rencontre familiale. Un employé vient s’asseoir avec moi, je lui raconte mon tracas (sans lui parler de mes cuisses qui brûlent, quand même…): souper de famille, important pour mon père dont c’était l’anniversaire la veille, important parce que j’aime mon oncle et sa gang, important parce qu’il n’y a plus beaucoup de rencontres de ce genre, mais difficile pour moi d’affronter la famille même si je vais mieux (les événements sociaux sont encore très anxiogènes pour moi), pas envie de faire semblant que j’aime ma cousine « qu’on ne s’aime pas mutuellement », de faire comme si j’avais oublié cette fois où ma tante m’a envoyé une droite pis un uppercut en pleine tronche alors que j’étais là pour elle depuis un bout, de passer par-dessus le fait que ma cousine que j’aime beaucoup m’a laissée tomber en ne remplissant pas sa promesse alors que ça aurait pu me sortir de ma dépression il y a deux ans… Pas envie de faire comme si. Trop trop difficile de faire comme si. Et je vais bien, là, je veux pas mettre trois semaines à m’en remettre. Puis, bang! Je réalise qu’il est 16h36, que mon frère a tenté de m’appeler. Je sors en trombe, je rappelle mon frère, et je le charge de dire à mon père de ne pas m’attendre, que je ne viendrai pas.

Je me mets à écrire. Belle soirée, finalement. J’ai écrit un chapitre de ce projet auquel je travaille avec ma mère. D’autres employés viennent me dire qu’ils partent boire du vin pas loin et m’invitent à me joindre à eux. Puis une autre vient me voir, l’air un peu tristounette et me demande si je n’irais pas prendre un verre avec elle. Je ferme mes trucs, je l’accompagne pour un verre. En sortant, texto de l’autre gang: viens nous rejoooooindre. Ok! Embrasse l’une, rejoins les autres, dis quelques vulgarités, rires intenses et je repars vers la maison. Belle soirée où je me suis écoutée.

Mais, j’ai manqué deux soirées, finalement. En disant non à mon père, j’aurais dû me rendre à l’autre party, avec mon groupe de joyeux lurons. Mais je me sentais déjà tellement coupable de n’être pas allée fêter mon oncle que j’aime tant, que j’ai opté pour du tout nouveau: on efface et on recommence. Rentrée à la maison, me suis fait une grosse salade et j’ai écouté (500) days of Summer que je voulais voir depuis un bon moment. Soirée parfaite.

Ou presque…

De la culpabilité de s’écouter…

(Depuis, mon père m’a dit qu’il avait compris et je me sens mieux.)

(Même pas attrapé de coup de soleil!)

Un tourbillon calme

Je suis (devenue) un tourbillon calme. Les choses vont et viennent dans tous les sens. Mais je marche droit. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Les pas sont lents et pas aussi nombreux que je le voudrais, mais ils avancent, dynamiques et synchronisés.

Je danse, je ne marche pas. Une valse, c’est certain.

Ces dernières semaines, j’ai accompli. Accompli! Des choses. Plein de choses.

D’abord, je viens de remettre deux textes à mon éditeur. Youppili youppilaï! Ils en ont donc quatre entre les mains. J’ai hâte d’en avoir des nouvelles! Ce sont deux titres dans la collection des Trognons. Après Léa, Nathan, Emma et Gabriel, il y avait déjà Juliette et Mathis qui attendaient… voilà que se rajoutent à eux Olivier qui veut un bébé et Romane qui veut devenir un poisson. J’avance dans cette série et je sens que je prends mes aises. L’écriture est de plus en plus facile. J’ai accepté que les premières versions seraient nécessairement très mauvaises et que ce serait entre la version 4 et 5 que je verrais apparaître une histoire présentable à un éditeur. Cette fois-ci, je me suis rendue à 7 versions. J’attends les commentaires de l’éditeur, il y aura, c’est sûr, beaucoup plus que 7 versions! En tout cas, ça me rend heureuse d’avoir terminé ça.

Mitaines tricotéesJ’ai terminé mon premier contrat de tricot: des mitaines! Le patron était un vrai défi pour moi: en anglais, avec des torsades et tout plein de points que je n’avais jamais faits avant. Je m’en suis pas mal bien tirée. Même si, rendue à la moitié de la mitaine gauche, je me suis rendue compte que j’étais en train de tricoter une deuxième mitaine droite… Détricoter fait partie du jeu… et comme je le dis à mes élèves: ne t’attache pas à ton tricot, tu vas sûrement devoir le défaire plusieurs fois avant que ce soit la bonne! Ben ça m’arrive aussi, hein!

 

Courtepointe LéonardJ’ai aussi terminé et envoyé la courtepointe sur laquelle je travaille depuis août dernier (hum… 10 mois, donc!) Pas mal fière du résultat. Elle était destinée à Léonard Gentil, le fils de mon frérot suisse. Elle a donc voyagé jusque là-bas et fait un bébé content! Et des parents aussi. Je peux vous la présenter maintenant qu’elle a été reçue. Qu’en pensez-vous?

 

 

 

Carrés courtepointe rose-bleueComment fait-on une courtepointe? Je me suis amusée à détailler la confection du dessus d’une nouvelle courtepointe. D’abord, on coupe les ti-carrés. Ensuite, on les mets côtes à côtes et on essaie de voir à quoi ça pourra ressembler. Puis, j’ai cousu les carrés deux par deux. C’était mon étape 1 (2-3-4… hum!).

Madame Castafiore courtepointe rose-bleueÉtape suivante, assembler les rectangles et essayer de faire comprendre à Madame Castafiore que ce n’est pas une couverture pour elle… pas faciiile!

Bon, je passe aussi toutes les étapes de repassage, de coupage de fils, de remise en place de tous les carrés et rectangles, de tous les problèmes de fils qui s’emmêlent et qui demandent de tout découdre et de recommencer. Ce serait très long pour rien… Presque aussi long que de le faire.

Les rectangles sont assemblés en carrés et les nouveaux carrés en autres rectangles et ça va comme ça jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une couture à faire entre deux gros morceaux. Et là, tu souffles en te disant que t’es ben ben bonne et patiente! Restera à acheter la flanelle pour mettre en dessous et le molleton pour l’intérieur. Oh! Et les tissus pour faire une bordure sur le dessus et le biais (rebord qui retient toutes les couches). Ouf! C’est presque fini, hein? …

Quatre morceaux courtepointe rose-bleue Courtepointe rose-bleue dessus

 

J’ai accompli tout ça en plus d’une super ronde de 9 jours consécutifs à aller au Camellia Sinensis. Quel bonheur de retrouver mon rythme. J’ai mieux travaillé que les semaines précédentes. Et je ne me suis pas tapée sur la tête parce que je me levais trop tard. Belles semaines entourée d’amis, de vrais bons amis qui sont là quand il faut et qui savent nous prendre dans leurs bras quand ça ne va pas… et rire quand c’est ce dont on a besoin. Au Camellia, j’oublie tout. Je n’ai pas de dépression, je n’ai pas de TDAH, je n’ai pas de problèmes, je suis là, il y a mon thé et ma famille d’adoption. Le bonheur. Vous ne connaissez pas? Foncez… FONCEZ!

Les griffes d'un woolong Le dragon-thé Créature malicieuse

Sous le nez d’un dragon, des griffes et des nuages. Et sur le dragon, une créature malicieuse… vraiment malicieuse!

Hier soir, soirée Les visages de la santé mentale dont je vous ai tant parlé. Mon portrait a été mis à l’encan. Ma mère l’a acheté pour me l’offrir. Il trône dans mon couloir d’ici à ce que je lui trouve une place de choix. Je l’ai placé quelques minutes sur ma machine à coudre pour pouvoir lui tirer le portrait. Elle ne restera pas là, trop peur que les minous lui donnent son coup de grâce. Mais je la regarde tandis que j’écris ce billet et je me dis, ouais, c’est un sacré gros combat que je mène et cette photo c’est un peu une victoire.

Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte par Patrick Lemay

Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte par Patrick Lemay

Sur l’étiquette en bas à droite, il est écrit:

« J’ai toujours trouvé que j’avais un petit air d’extraterrestre, malgré mon côté pétillant, souriant et battant!

Derrière mon sourire, beaucoup de souffrance.

À 29 ans, j’ai explosé en larmes chez mon médecin. Il a compris que je ne me plaignais pas depuis l’âge de 13 ans pour rien. Fatigue, difficulté à me concentrer, introspection excessive, anxiété, tristesse, difficulté à lire, dégoût de la routine, besoin de bouger, temps et efforts nécessaires pour me mettre à la tâche: je n’ÉTAIS pas paresseuse, j’AVAIS une dépression et un TDAH! On m’avait entendue, comprise. Enfin, je ne me battrais plus toute seule.»
Portrait de Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte photographiée par Patrick Lemay
LES VISAGES DE LA SANTÉ MENTALE – 5 mai 2014 – Montréal

J’ai accompli tout ça en quelques semaines et je suis fière de retrouver mon entrain, mon humour, ma gourmandise, mon envie de tout plein et de trop plein! Les gens se plaignent de la température. C’est qu’ils ne savent pas comme l’hiver est long dans les ténèbres. Moi je trouve que ce printemps est parfait. Des journées pour tous les goûts. Et du soleil, enfin, jusque tard le soir. Je ne me sens plus coupable.

Je crois que les traitements d’ostéopathie et les Omégas-3 aident énormément. Je me sens mieux, vraiment mieux. Mais j’ai peur d’utiliser ces mots-là… je les ai tellement dits souvent avant de replonger un peu plus bas. C’est pour ça que je me calme. Que je calme mon tourbillon. Doux, doux, tourbillon. On va valser, encore, sans s’étourdir, cette fois. Ok? Ok.

Ça avance. Tout avance.

Demandez à la vie, elle vous répondra.

J’expliquais dans mes deux derniers textes que je ne savais plus où j’en étais, que je ne savais plus ce qui faisait partie de moi et de mes plaisirs.

Je disais aussi que je ne savais même plus si l’écriture me plaisait tant que ça.

Et ben, voilà que j’ai eu ma réponse. D’abord, je suis maintenant sur Twitter (@madamerousseTM). Un homme m’a envoyé un courriel me couvrant de compliments quant à ma plume. J’en ai été flattée, je dois l’avouer.

Ensuite, j’ai commencé un traitement en ostéopathie il y a plusieurs semaines, histoire de me battre contre la dépression sans toujours attendre que les médicaments fassent tout le boulot. J’ai donné mes livres à l’ostéopathe qui les a offerts à ses neveu et nièce. Deux fois il a insisté sur le plaisir que les enfants ont eu à me lire. Il n’y a pas plus belle paye (même si c’est cliché). Aujourd’hui, il me demandait comment on savait qu’une histoire pour enfants est bonne, vu que les phrases sont très simples et le texte très court. C’est simple, on le sait pas sauf quand les enfants aiment ça! (Je vous rassure, ma réponse était plus élaborée… j’ai balbutié pendant le traitement, entre deux « tourne-toi par là » ou « inspire, expire », quelque chose à propos du rythme et des sonorités.)

Hier, je parlais édition avec l’amoureux de mon amie et je me suis surprise à éprouver une tonne de plaisir. Je savais de quoi je parlais et j’en parlais avec enthousiasme. Wow.

Aujourd’hui, en sortant de mon rendez-vous chez l’ostéopathe, j’ai marché. Marché longtemps. L’air était bon, tiède, doux. Un petit vent juste parfait pour remuer les bouclettes et juste assez de soleil pour qu’il soit évident que je suis rousse (certains en doutent encore…)

J’ai marché et je me suis rappelé à quel point j’aimais marcher. On m’a dit souvent récemment de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Je n’ai pas à faire table rase et recommencer à noter ce que j’aime. J’ai tout mon bagage avec moi, suffit d’y faire le ménage (j’entends mes parents me rappeler comme je ne suis pas particulièrement douée pour le ménage… trop dans le détail, découragée par la tâche!)

Je me suis arrêtée finalement au Camellia Sinensis. J’ai jasé avec plein de monde. J’ai essayé d’écrire et j’ai été déçue de ma production. Mon sourire était trop ancré dans ma face pour que je me décourage. J’ai décidé que l’écriture était un muscle un peu atrophié par mon récent manque d’exercice. Ça va revenir, bon.

J’ai tricoté. Une deuxième mitaine. Un contrat que j’ai eu. J’avance bien, je vais pouvoir les livrer avant l’été! Ouf!

Si je fais le bilan des dernières semaines, je me rends compte que j’avance. Pas mal, en plus. Il y a un an à pareille date, j’arrêtais tout et je dormais 16 heures par jour. Je suis revenue à un horaire plus régulier, je souris, j’envisage un avenir, j’ai des projets, je mange et je me fais même à manger, j’écris… et pas que du gris. Je revis. C’est tout un printemps, après deux ans d’hiver.

On m’a dit récemment que j’étais radieuse et pétillante. Je me retrouve. J’étais tellement trippante avant de tomber. Je le serai encore. Je le sais. Ça revient tranquillement. Et finalement, je ne suis pas mécontente de ce petit billet!

J’ai perdu le fil?

Une journée de solitude que je passe comme les autres. Lecture (nouveau grand succès pour moi, je suis re-capable de lire des romans au complet et à une vitesse semi-normale. Grande victoire devrais-je dire… surtout pour une éditrice), tricot, courtepointe, repos, repos et repos.

J’ai perdu le fil. Comment les gens « normaux » vivent-ils leurs fins de semaine? Comment fait-on pour sortir de la routine la fin de semaine alors qu’on est en démarche pour la reconstruire?

J’ai perdu le fil. Je n’ai pas beaucoup écrit sur mes blogues ces derniers temps. Est-ce déjà l’attrait de la nouveauté qui fond? Qui fond au rythme où la neige tombe? Mon bonheur, lui il ne tombe pas. Je suis contente du chemin que j’emprunte. Mais…

J’ai perdu le fil. Je ne sais pas si les chemins que j’ai empruntés me mènent à moi. Forcément, ils mènent à moi. Qu’est-ce que je dis là! Mais mènent-ils à ce que je veux de moi? J’ai des tas de passions, mais aucune ne semble porteuse d’un projet de vie suffisamment rentable pour vivre au-delà du mode survie. Je ne sais pas ce pour quoi je suis faite. Peut-être n’est-on fait pour rien d’emblée et nous fabriquons-nous des raisons d’être et de créer au cours de notre vie? Dans quoi me vois-je?

J’ai perdu le fil de mon histoire. De mon tricot. Les mailles se resserrent où elles étaient trop lâches et se relâches où elles étaient trop serrées. C’est bon. Je sais que c’est bon. Il y a des jours de grisailles où la lumière blanche perce quand même jusqu’à nous. Des jours nuances. Des jours silences.

J’ai perdu le fil de mes histoires. Je ne sais plus écrire. Je ne sais plus quoi écrire. Ni pourquoi. Comment avoir envie d’écrire à nouveau alors que les ventes faiblissent comme un cœur qu’on n’a pas nourri? On n’écrit pas pour l’argent. Mais on écrit quand même pour être lus. Et le doute me prend, fort et inébranlable, qui suis-je donc pour me déclarer écrivaine? Qui lit et aime vraiment mes livres? Est-ce suffisant pour continuer? Suis-je capable de m’imaginer sans l’écriture? Non. Bien sûr que non. Que se passe-t-il alors que mes mots ne se métamorphosent plus en histoires? J’ai de l’avance sur mes éditeurs. Ça me coupe l’inspiration. Vont-ils encore vouloir me publier? J’aurais tellement envie d’écrire une histoire de papillons qui m’emporterait plus vivement que ce fil que je m’acharne à retrouver.

Peut-être ce fil perdu n’est-il pas perdu? Peut-être a-t-il simplement changé de couleur? Je vais le suivre encore un peu. En silence, cette fois. Peut-être me chuchotera-t-il quelques douceurs à l’oreille.

Outaouais, Ottawa et un trognon!

J’adore les salons du livre. La semaine dernière, c’était au tour de Gatineau (ou devrais-je dire Hull?) de nous inviter. Il est bien agréable, ce salon. Les gens s’intéressent aux auteurs, prennent le temps de leur parler et se laissent même convaincre de repartir avec quelques livres.

Je n’y étais malheureusement pas comme auteure cette fois-ci, mais comme libraire pour Dimedia. Ça me manque, cette année, ces rendez-vous avec les jeunes lecteurs. C’est tellement émouvant de voir un coco haut comme trois pommes, tout gêné, finir par nous raconter toutes sortes d’histoires. Chaque fois, je fais le plein d’idées. Exploitable ou non. Peu importe, c’est le souffle de créativité qui vient avec qui m’intéresse! Même sans séance de signature, j’ai trouvé le moyen d’y croquer un petit bout d’inspiration.

Aujourd’hui, lundi post-salon, j’ai décidé de me promener dans Ottawa. Je ne suis pas allée bien loin, un tour du bloc à trois ou quatre rues de là où je séjournais. Je suis d’abord arrêtée dans un café. J’ai sorti mon cahier de notes et j’ai pondu, en une heure environ, une première version d’un futur Trognons.

Toute contente de mon travail, et d’être sortie malgré le froid, je reviens à Montréal le cœur léger malgré la fatigue!

Moi, j’en parle.

Ce matin, j’ai vu ceci sur Facebook. Allez lire et revenez:

http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/sante-mentale-mefiez-vous-des-apparences

J’ai écrit ce statut pour présenter le lien:

À mes amis et ma famille. À mon entourage qui trouve que je parle trop de ma dépression et de mon TDAH. À ceux qui m’ont dit que je devais lâcher facebook quand j’allais mal parce que ça rendait les gens mal à l’aise. À ceux qui ne parlent pas de ces choses-là.

En parler, sincèrement et ouvertement, c’est rester en vie.

Je ne serai jamais gênée d’avoir une maladie. Je ne serai jamais gênée d’en parler. Ce n’est pas pour tout le monde. Tant pis!

– Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte

J’aurais pu ajouter: « À tous les gars qui m’ont laissée de côté parce qu’ils m’ont considérée « folle et ingérable », sachez que moi, au moins, je le sais que je le suis et que je me guéris! Des bras aimant, de toute manière, ça aide souvent à ses gérer…
Toute la matinée, alors que j’ai répondu aux messages sous mon statut, je revenais à un texte que j’ai écrit hier, que je voulais lumineux et qui était triste, contre moi. C’est peut-être ça, la dépression. La lumière dans la noirceur. Je vous laisse juger.

(Premier jet)

Il y a ces textes que j’aimerais écrire.
Ce sentiment nostalgique, de tristesse pas dramatique, que j’aimerais définir.
Ma douce mélancolie. Que je défends comme une tigresse, rousse.
Rouge de griffes, griffée au sang.
Que je hais comme la pluie déteste l’arc-en-ciel. Casseur d’ambiance.
Une nuit de pluie, fine et mélodieuse. Une pluie d’étoiles sur les pavés.
Ça glisse, on glisse, on m’a désemparée.

Cette tristesse contre laquelle je me bats. Je veux réapprendre à être seule.
Apprécier les longues heures à parler à cet alter ego d’ombre et de lumière.
J’ai oublié comme on croque délibérément dans une solitude pêche. Une solitude qui m’apportait tant.

Maintenant, j’ai peur du noir.
Parce que le noir n’a de sens que s’il baigne dans une marée d’étoiles sur les pavés.

Mais, mais… S’il y a de la tristesse dans mes journées, il y a tant de vie dans mes mélancolies.
Elles sont joyeuses, aussi, mes heures grises, mes années de pluie.

J’aimerais pouvoir écrire.
Cette lumière dans les ombres ternes.
Les plaisirs d’un sans limite, même s’il ne goûte ni sucré ni salé, un sans limite qui n’est pas non plus amer ni acide.
Le plaisir, c’est ironique, d’un sans limite aseptisé et statique.
Il y a une vie derrière la catatonie et les yeux de verre.
Je vis.
Je le sais.
J’entends mon cœur qui bat. Si fort, si vite, si mélodieux, mon cœur.

Et toi, tu n’as rien vu de tout ça.
Tu m’as prise et vidée sans avertir, sans réaliser ma fragilité. Faut dire que j’aime bien la cacher. Elle n’est pas si sexy…
Je t’ai ouvert une porte que je gardais sauvagement fermée.
Comme une tigresse délaissée. Une tigresse rouge, au cœur égratigné.
Un cœur roux et fougueux, sans malice, bourré d’anis étoilée.
Du petit piquant que tu ne cherchais même pas.
Tu n’as pas pris le temps d’ouvrir la porte au complet. Elle n’était pas ouverte au complet.
Tu as choisi d’y poser le pied pour que je ne puisse plus la refermer.
Et tu es parti rompre la solitude ailleurs.
Mon petit cœur sur les pavés une nuit de pluie sans étoiles.

J’aimerais avoir les nuances qu’il faut pour exposer tous les brillants d’un cœur, de mon cœur, bleu bataille, vert de mer.
La lumière d’un œil qui veut battre la chamade, lui aussi. Qui voit même dans la plus profonde des pluies qu’on est encore loin du désastre.

Ce désastre que j’ai toujours pensé loi, d’ailleurs. Il m’a plié les genoux et fendu la poitrine.
Mais mon cœur est resté bien accroché.
Il a remonté la côte et s’est bercé un moment dans ma gorge.
Je ne l’ai pas recraché.
Bien établi, bien bâti, il ne s’arrêtera pas de battre même devant une solitude pleine d’amertume.
Il ne goûtera à rien, ni l’amer ni l’acide.
De cette vie , lumineuse pourtant, qui me tourne en bourrique.
Et je marche.
Sous la pluie.
Sur les étoiles du pavé par une nuit qui veille avec la lune.

Il manque des mots à ma langue

Il manque des mots à ma langue.

Il me manque des mots d’amour.
Pour dire «je t’aime», mais surtout pour le croire.

Il me manque des mots pour décolérer.
Des mots pour crier non, pour penser autre chose que «je suis désolée».
Des mots pour me faire entendre sans hurler, sans murmurer non plus.

Il me manque des mots pour pleurer.
Pleurer ma solitude, mon féminisme bafoué, mon impuissance.
Pour pleurer l’injustice, la peine des autres, cette haine qu’on cultive entre humains.

Il me manque des mots pour finir.
Rompre une relation compliquée.
Terminer une tâche de belle façon.
Clore une discussion.

Il me manque de mots pour partir.
Partir sans revenir. Partir sans porter le poids des autrefois.

Il me manque.