De la productivité à la satisfaction

Depuis quelques temps, je réfléchis beaucoup sur la productivité. Pendant que mon psy essaie de me faire comprendre qu’il faut que je m’arrête et que je guérisse ma pneumonie comme du monde (elle est disparue de mes poumons, mais je tousse encore beaucoup), je suis une formation sur l’écriture productive.

Je me questionne beaucoup. Pourquoi faut-il être aussi productifs que ce que la société semble exiger de nous?

Je me regarde aller. Je suis déçue de moi chaque fois que je ne fais rien. Tous mes passe-temps doivent « servir à quelque chose »: un apprentissage, l’augmentation de ma culture générale, une production, un résultat concret, un avancement dans un projet. Et m’arrêter vraiment? Pas le droit. Jouer aux Sims est la chose la plus honteuse qui soit. Pendant ce temps-là, scandal, je n’ai pas lu, pas écrit, pas tricoté, pas répondu à des courriels, pas jeté des idées pour créer ma nouvelle entreprise, pas courtepointé, pas fait le ménage. Bref, je n’ai pas avancé. Bref, j’ai gaspillé un temps précieux qui m’a été donné.

Pourquoi faut-il donc tant avancer tout le temps?

Je réalise que je développe de l’anxiété parce qu’on m’a trop dit: « La vie passe si vite, il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier, il ne faut pas perdre de temps, il faut tout faire aujourd’hui. » Avez-vous une idée de ce que ce genre de phrase représente pour une fille qui a un TDAH? Même sans ce diagnostic, quel genre d’humain peut vivre chaque jour comme si c’était le dernier… Tous les jours? Sans se brûler? Ben voyons.

« Et le septième jour, Dieu se reposa… »

Et en même temps, force m’est d’admettre que je ne retire aucune satisfaction à jouer aux Sims. Ça finit par m’éteindre, me déprimer, me couper la créativité, me donner le goût de dormir à fond. Ça me brûle le cerveau et m’endort le corps. Comme manger du fast food. Tu penses que c’est bon sur le coup, mais tu mets des heures à t’en remettre.

J’ai suivi une formation intéressante lundi soir dernier. Offerte par Martin Mercier du Centre de création scénique, le cours Les Rythmes du travail et l’écriture productive m’a grandement stimulée à écrire plus et à retrouver mon énergie. On y apprenait à varier les activités dans une journée pour que l’une soit le repos de l’autre. Bref, à se reposer en faisant et à faire en se reposant.

Cette productivité est satisfaisante. Je me demande par contre si je ne saute pas dans une course folle où je ne prends pas le temps de m’arrêter.

Mes réflexions me mènent à considérer mes choix d’activités non plus en fonction de leur productivité, mais en fonction de leur degré de satisfaction à long terme. Je ne prends pas le temps de méditer et pourtant, c’est sans doute l’activité qui me permettrait le mieux de me reposer et de me recentrer pour être plus productive. Beaucoup plus qu’une heure de Sims, en tout cas!

Créer de l’espace dans mon horaire. Dans mon appartement. Un espace physique et mental. Varier les activités à concentration intense et faibles. Bouger plus. Faire plus, mais faire ce qui me satisfait.

Écrire demande un effort de plus… mais rapporte beaucoup en satisfaction.

Et ce que me disent mes réflexions, c’est que je ne dois pas écouter les éditeurs qui me disent que mes textes ne vendent pas assez… et écouter seulement la voix dans ma tête qui a des choses à raconter. Ce sera satisfaisant et productif, beaucoup plus que de me ronger les ongles et me taper sur la tête en me disant que je ne sais pas écrire et que ça sert à rien de continuer. J’ai encore beaucoup de choses à raconter. Quelle chance, j’ai!

Je suis toujours en retard

Quiconque me connaît un peu sait que j’ai bien du mal à être à l’heure. Je n’arrive pas à l’expliquer. Je ne prévois pas l’imprévu, j’en mets toujours trop dans mon assiette et j’utilise chaque moment libre pour « faire quelque chose » même s’il me reste 2 minutes avant de partir. Bref, je ne suis pas ponctuelle et j’utilise la généralisation excessive pour expliquer ça!

Ce préambule, et mea culpa, me permet d’introduire mon bilan de l’année… en cette fin de mars.

J’aime bien faire des bilans. Ça permet de retenir le positif, de ressortir ce qui a vraiment été important parmi tous les faits divers auxquels on donne trop d’attention. C’est aussi un bel exercice d’écriture.

Je ne sais pas pourquoi je brette à écrire ce bilan. Il est très positif, le bilan de 2015. Le premier vraiment positif depuis 4 ans. C’est pas rien!

Je n’arrive plus à me rappeler de janvier ou février 2015. Ma belle année a commencé en avril. C’était la fin de mon emploi chez Somme toute/Tête première. J’étais triste de ne pas me replacer dans le milieu du livre. Je le suis encore. Mais c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.

Janvier et février, ça me revient, j’étais en couple. Ça n’a pas duré, mais ça m’a donné beaucoup. Et ça m’a permis d’être prête à accueillir dans ma vie mon amoureux. J’avais du chemin à faire et je l’ai fait.

Côté création, j’ai travaillé fort. En plus de m’adapter au 9 à 5, j’ai eu le temps d’éditer le premier livre de Marc Cassivi, de coudre deux courtepointes, de créer 20 toutous (toujours sous mon aiguille, par contre!) et de travailler sur le projet Lire en famille à Longueuil avec l’entreprise que je mène avec mère, Les ateliers du vendredi. Ouf!

J’écris un peu parmi tout ça. Mais pas assez à mon goût. Je ne forcerai pas les choses. Je vais garder mon énergie pour ce texte qui a été accepté par une maison d’édition européenne.

Une chose à la fois. C’est mon mantra! J’essaie de l’appliquer. C’est pas si simple! J’échoue souvent, pour être honnête! Mais j’avance. De moins en moins de médication, de plus en plus de contrôle sur mon hygiène de vie. Je m’en sors. J’ai la tête hors de l’eau. Et j’apprends à nager. Ça demande des efforts constants, je n’ai pas le droit de relâcher la garde. C’est là tout le défi: travailler à ce que ça devienne naturel.

2016 est bien entamée. Je me souhaite des contrats. Je me sens plus solide et, même si j’adore mon travail, j’espère un jour redevenir travailleuse autonome. Je sais que je suis capable de retourner à ce mode de travail.

À suivre!

La mélancolie de l’auteure

En démarrant ce blogue, je souhaitais partager mes pensées sur le monde, faire la promotion de mon travail d’auteure, me provoquer en duel pour écrire plus.

Mais…

La vie étant ce qu’elle est, et étant ce que je suis, c’est plutôt sur la santé mentale qu’ont porté mes textes. Je ne regrette pas, j’ai écrit ce qui me venait. Ce qui était vrai. Je n’en suis pas gênée.

Mais voilà. Je commence à aller mieux et j’écris moins.

Ça me fait réfléchir.

Beaucoup.

Je n’ai jamais adhéré à l’idée de l’artiste malheureux. Je ne crois pas qu’on doive souffrir pour créer. Avoir vécu des choses difficiles aide sans doute quand vient le temps de rendre l’écriture réaliste, mais l’image de l’artiste qui a besoin d’être tourmenté pour créer, je n’y adhère pas. De mon point de vue, c’est un leurre qui permet à plusieurs de se maintenir dans un état de détresse et de se trouver des excuses pour ne pas aller mieux, pour ne pas affronter ses démons.

Or, je constate récemment que mon écriture est plus profonde, plus puissante, quand je ne vais pas bien. Ça m’embrouille et me laisse perplexe.

J’ai toujours été mélancolique. J’ai depuis longtemps utilisé l’écriture pour m’aider à sortir de cette mélancolie. Est-ce à dire que le moteur ou l’étincelle de mon écriture est la déprime?

D’un autre côté, l’écriture pour la jeunesse a été possible et même plus facile dans les périodes de grand bonheur.

Comment écrit-on quand on va bien? Qu’ai-je tant à raconter, quand je vais bien? Ai-je l’écriture lourde?

Amertume

Constat: je suis amère.

Une auteure amère.

J’ai fêté récemment les 4 ans des Trognons! De 2008 à 2012, j’ai publié 9 titres. Tout allait bien.

Mais voilà. Quelques embûches sur le chemin, j’ai perdu mes deux éditeurs presque en même temps. Les 400 coups ont changé de propriétaire et la ligne éditrice ne m’inclut plus. La courte échelle a fait faillite et la nouvelle ligne éditoriale ne m’inclut plus non plus.

J’en suis très triste, et je dois l’avouer, j’en reste amère. Le monde du livre n’est pas à son meilleur en ce moment. Des coupures partout, moins de gens qui achètent des livres… difficile de faire sa place chez un nouvel éditeur puisqu’ils sont tous bookés jusqu’en 2017! Difficile même pour ceux qui ont de l’expérience dans le milieu du livre, qui ont des contacts et 10 publications derrière la cravate. Je n’ose même pas imaginer la difficulté qu’éprouvent les jeunes auteurs en quête d’une première publication.

J’ai 6 manuscrits prêts à être présentés à un éditeur. 5 albums et un premier roman! Après la publication de ma nouvelle dans le recueil de l’AEQJ, je me suis dit que ce serait bien de tâter le roman. J’ai réussi à transformer un album qui ne fonctionnait pas en roman qui, espérons-le, fonctionne. Mais qu’est-ce que je fais maintenant? 6 manuscrits qui valent la peine d’être lus et une recherche d’éditeur qui ne mène à rien (tiens, on dirait une phrase de Léa enquête!) Et cette peur au ventre de ne plus être une auteure. Cette peur que le sentiment de l’imposteur ait été plus qu’un sentiment dans mon cas. Mon éditeur m’a dit « j’espère que tu ne vas pas rester amère de ça. Tu as déjà publié, tu vas publier encore. » Ouais. Peut-être. Mais en attendant, vous m’avez coupé l’envie!

J’ai tendance à ne pas prendre mes responsabilités. À remettre la faute sur les épaules des autres. Bien mauvaise attitude. Mon réflexe est de faire comprendre aux éditeurs leur rôle dans le processus créatif (ou l’absence de…), de leur faire prendre une responsabilité dans le cheminement de leurs auteurs, qu’il comprennent toute l’importance qu’ils ont sur la vie et la mort des œuvres. Bien mauvaise attitude.

Je constate: je n’écris plus par plaisir, mais pour être publiée. Parce que j’ai peur de ne plus être auteure. J’ai peur de me sentir humiliée devant mes collègues. J’ai peur que mon identité, celle d’écrivaine, n’existe plus. Je n’ai plus envie d’écrire en ce moment. Ouin, pis?

Conflit intérieur

Ouin, pis? Pas si simple.

Le conflit, c’est ce qui crée de la pression. Je n’ai plus d’idées pour écrire. Mais j’ai encore envie d’écrire. J’ai envie de publier aussi. J’aime inventer des histoires. J’aime le sentiment particulier que j’éprouve quand je sens enfin que mon histoire est bien bouclée. Que ça se tient. Qu’il y a quelque chose d’intéressant derrière les mots que je viens de taper. Je m’ennuie de ce feeling-là.

J’ai 6 manuscrits entre les mains qui ont besoin d’une maison, d’un partenaire de création. Qui ont besoin et le droit d’exister. Je les garde dans mes poches en attendant que le moment se présente.

J’irai faire un tour au salon du livre ce dimanche. En touriste pour la première fois depuis 19 ans. 19 ans à travailler au salon du livre. Ça en fait des années!

L’amertume est là. Je ne peux pas la nier. Mais, je peux l’affirmer, elle passera. Comme les nuages. Comme la dépression. Comme cette période noire du livre.

Ligne éditoriale

« Votre manuscrit n’a malheureusement pas été retenu malgré ses qualités d’écriture puisqu’il ne correspond pas à notre ligne éditoriale. »

Qu’est-ce que veut dire exactement cette phrase? Pourquoi les éditeurs ne mettent pas directement cette fameuse «ligne éditoriale» sur le site internet pour qu’on leur envoie des textes qui y correspondent?

Mais au fait, une ligne éditoriale, ça veut dire quoi?

Sylvie Gracia, éditrice aux éditions du Rouergue, répond à cette question!

http://www.enviedecrire.com/quelle-est-la-ligne-editoriale-des-editions-du-rouergue/

Il y a longtemps

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici. Trop longtemps à mon goût. C’est que la vie s’amuse à jouer de mon temps et de mon énergie.

L’année nouvelle amène les bilans et les résolutions. Je n’aime pas l’idée des résolutions, je préfère penser que je me donne de nouveaux défis suite à mes bilans. Même chose? Les mots pour le dire changent tout!

Je vais beaucoup mieux. Je me sens sortir de la dépression tranquillement. Une étape à la fois: c’était mon mantra de 2014. Mon mantra 2015 sera sans doute en lien avec la patience: laisser le temps faire les choses. Je n’aime pas les conflits, les difficultés, les problèmes en suspens. Je veux tout régler vite et souvent j’empire les choses au lieu de les améliorer.

Aujourd’hui, j’ai recommencé à noter tout ce que je fais dans mon cahier. Ça m’aidait beaucoup à tenir le cap sur ce que j’avais à faire. Depuis 3 ans, j’ai arrêté de le faire. Je ne sais pas trop pourquoi. Ce matin, c’est revenu naturellement. C’est ça, l’idée, avec le temps: les choses viennent naturellement.

Dans ma vie affective, toujours plus de place à l’amitié. Pas d’amoureux en vue pour le moment, mais j’ai fait du ménage et mon espace à grand amour est beaucoup mieux aménagé pour le recevoir. Me reste la patience. On y revient!

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici, mais j’écris à nouveau. Un livre que ma donné ma mère m’a relancée. Dans ce livre, La source de la créativité: L’art de la persévérance de Julia Cameron aux éditions Octave, la première suggestion est d’écrire 3 pages 8½ x 11 de texte automatique tous les matins. Pas toujours facile, mais je le fais la plupart du temps. De plus en plus souvent. J’aime ça. Ça me libère énormément. Une forme de méditation thérapeutique. J’ai donc beaucoup écrit, mais moins ici.

J’ai pris conscience aussi du bien-être que m’apporte le tricot. Une autre méditation 20141224_135551thérapeutique. 20150109_145203J’ai terminé ma paire de bas et j’ai eu une commande pour une autre. Je n’ai pas pu retrouver la laine des orteils et du talon, alors j’ai fait une légère modification que ma cliente a bien aimée. J’ai presque terminé la deuxième paire.

La couture m’apporte beaucoup de fierté. Pour Noël, on m’a demandé de concevoir un tablier pour un garçon de 7 ans. Je n’avais pas de patron. C’était mon premier défi du genre. Je suis tellement contente du résultat! Je posterai sous peu le récit de cette belle aventure avec les photos.

Il y a bien longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien dans mon appartement. Après 3 ans d’accumulation de pas de ménage et de ramassage de tout plein de choses inutiles, mon appartement a l’air d’une catastrophe. Mais une amie bienveillante qui adore faire du ménage et mon frérot toujours là pour me donner un coup de main sont venus passer une journée de corvée chez moi. Ma cuisine étincelle. Les choses ont trouvé leur place et j’ai même plus d’espace qu’avant sans avoir pourtant jeté grand chose. Le bonheur! Ça me donne des ailes. Je m’imagine maintenant inviter des gens chez moi. Tranquillement, avec de la patience, les choses se mettent en place.

Une autre activité que j’ai délaissée pendant trop longtemps: les Rendez-vous d’écriture à la Maison des écrivains! Ils seront de retour dès la semaine prochaine. N’hésitez pas à vous inscrire! Au menu, de nouveaux exercices, encore plus de textes. Un groupe avec lequel on a tellement de plaisir. Est-ce que ce sera votre résolution cette année? Venir écrire avec nous?

Bonne et heureuse année 2015. Que cette violence qui s’abat sur les premiers jours de janvier ne soient pas une annonce de ce que l’année nous réserve. Il y a bien longtemps, je croyais à la vie, à l’humain, à la bonté. J’y crois un peu moins aujourd’hui. J’ai vieilli. J’ai été blessé. J’ai lu et j’ai vu trop des horreurs qui se passent partout autour. Mais ici et maintenant, je crois que la force du nombre vaincra à coup de câlins et de mots d’amour. Alors je vous aime. Payons tous au suivant!

#JeSuisCharlie #JeSuisTousLesAutresAussi

Je n’écris jamais le mot fin

Je viens de terminer une histoire sur laquelle je travaille depuis 10 ans. Terminer? A-t-on jamais terminé une histoire? Il reste du travail, certes, mais cette fois j’ai l’impression que la structure est plus solide. Il y a un temps où il faut laisser partir les pages, les mots, vers d’autres yeux.

J’ai la chance d’avoir deux jeunes hommes, de très bons lecteurs, qui ont accepté de lire mon histoire pour me donner leurs commentaires. Des commentaires d’enfants sur un texte d’enfant. Je suis ravie. J’aimerais bien créer des partenariats avec des écoles primaires et des garderies pour tester mes histoires avant de les envoyer aux éditeurs. Ça se fait, ça?

Cette histoire sur laquelle je travaille depuis si longtemps me tient à cœur. C’est un conte de princesse et de chevalier qui joue avec les stéréotypes de genre. C’est mon thème, ça, combattre les stéréotypes de genre dans la littérature jeunesse. Je ne dis pas que je réussis toujours à bien le faire passer, mais c’est ma préoccupation, en tout cas.

Il y a un travail à faire pour éduquer les hommes et les femmes alors qu’ils ne sont que des enfants. Nous avons notre devoir à faire en tant qu’auteur jeunesse.

Je réalise que cette histoire me touche d’une manière différente suite au mouvement #AgressionNonDenoncee. Quel lien? Les stéréotypes de genre sont certainement en partie responsables du droit qu’un homme croit avoir de faire usage de force pour obtenir ce qu’il veut d’une femme ou d’un enfant. On apprend aux hommes à être forts, à être mâle. On ne leur apprend pas ce qu’ils doivent faire quand ils sont malheureux, quand ils sont frustrés dans leurs besoins, maladroits. On leur apprend à chercher le pouvoir, à être ambitieux, mais pas comment accepter qu’il y ait des choses sur lesquelles ils n’ont pas de contrôle. Que la force et la manipulation ne sont pas des manières pour obtenir ce qu’ils veulent. Tout ça, on peut le montrer aux hommes en leur présentant des personnages masculins plus variés. Des efforts ont été faits du côté des filles pour montrer des personnages féminins plus déterminés, qui disent non, qui se font respecter. Mais il y a encore trop de livres de princesses qui attendent leur prince charmant, de filles qui doivent être gentilles et coquettes, de petits poupées fragiles dont on doit prendre soin sans qu’elles n’aient leur mot à dire.

Je n’écris jamais le mot fin au bout de mes histoires. Parce qu’elles ne sont pas terminées. Elles continuent de vivre en nos jeunes lecteurs. Elles font leur chemin.

Une agression, même petite, même celle qu’on essaie d’oublier, qu’on ne veut pas voir, qu’on minimise ou banalise, ça ne vient pas avec le mot fin non plus. Ça continue de vivre en soi. Ça fait son chemin. Il faut les combattre, ces agressions, une à la fois, toutes en même temps. Ce n’est pas parce qu’on n’écrit pas le mot fin qu’on ne doit pas y croire.

Activités d’été pour préparer l’automne

C’était l’été. Ce l’est encore, heureusement. Mais en août, alors que la chaleur se fait moins humide et plus supportable, les choses commencent à s’agiter côté contrats. Et on aime ça!

D’abord, mes ateliers d’écriture à l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec se passent à merveille! On a un petit groupe d’habitués et des nouveaux à chaque rencontre. Les textes se suivent et ne se ressemblent pas. Chacune (parce qu’on est majoritairement des filles!) a son style et chaque activité amène une quantité de nouvelles idées. On a beaucoup de plaisir. De nouvelles dates seront proposées à l’automne. 

Comme ce groupe fonctionne à merveille, je compte aussi ouvrir un autre atelier plus près de chez moi, probablement au Mousse Café. Je ne sais pas encore quand, mais j’aimerais bien que ce soit pendant le jour la fin de semaine pour rejoindre ceux qui ne sont pas disponibles le jeudi soir. À suivre. J’ai aussi l’idée de créer un groupe d’adolescents. Ce sera à suivre aussi! Pas tout en même temps! 

À savoir, ce samedi 16 août, je donnerai aussi un atelier d’écriture pour les enfants (accompagnés d’un adulte). Il reste encore des places! L’atelier a lieu à la Maison des écrivains (3492 avenue Laval, Montréal)

D’autre part, ce sont les animations d’auteure qui commencent à rentrer. J’ai déjà signé mon premier contrat pour cette année: un atelier de lecture d’histoires pour les 6 à 12 ans (accompagnés de leurs parents) dans le cadre des Journées de la culture. Je peux déjà vous dire que ce sera en début d’après-midi le 26 septembre. Je vous tiens au courant. Vous viendrez me voir, j’espère! 

J’ai reçu une autre demande dans le même genre, mais j’attends confirmation avant de vous donner les détails. 

Autre bonbon, un professeur de cégep m’a demandé d’aller parler du monde du livre dans son cours. J’irai donc discuter des enjeux de l’industrie, du travail des auteurs, des éditeurs, des distributeurs, des libraires et de tous les autres acteurs qui gravitent autour du livre. J’adore ce genre d’activité. Ça me permet de faire de la sensibilisation et de l’éducation sur mon travail et celui de mes confrères et consœurs. C’est toujours intéressant! 

J’ai donc encore de la place pour des animations dans les écoles et les garderies. Je rappelle que je suis dans le répertoire de Culture à l’école et que j’adore rencontrer les enfants. 

Je suis aussi disponible pour donner des ateliers de promotion de la lecture avec les Ateliers du vendredi. Je me déplace pour offrir des conférences ou des ateliers afin de vous outiller à transmettre le plaisir de lire aux enfants. Je m’adresse autant aux parents (formule soirée ou après-midi, avec ou sans enfants, présentation de livres et de trucs pour intéresser vos petits, je me déplace chez vous), au éducateurs, aux enseignants, aux bibliothécaires, aux étudiants au cégep et à l’université, aux psychoéducateurs, psychologues, médecins, etc. Les formations sont montées sur mesure selon vos besoins. 

C’était mon billet plogue personnelle! Je suis enthousiasmée par la rentrée cette année. Et les salons du livre s’en viennent… Ça, ce sera un tout autre billet!

Tout vient à point à qui sait attendre

J’ai l’impression que ça fait des lunes que je n’ai pas écrit par ici. Je n’ai pas vérifié, peut-être que j’ai juste oublié ce que j’ai écrit il y a quelques jours. Ce serait mon genre!

Beaucoup de choses se passent dans le plus grand des calmes. Ça fait du bien d’être calme. D’être occupée, mais de tout gérer comme il faut. 

Ça me laisse du temps pour réfléchir. Réfléchir à ce blogue, par exemple. Quelle est sa ligne directrice. De quoi je suis supposée parler ici? Au début, je voulais que ce soit un blogue pour parler de tout et de rien. Pour construire des textes, simplement. C’est bien ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. J’ai aussi voulu que ce soit un blogue où je pourrais donner des nouvelles sur mon activité d’auteure. Le problème, c’est que l’activité d’auteure, l’été, elle est pas mal morte! Je ne peux pas écrire ici que j’écris. Je l’ai quand même fait. L’activité d’auteure, c’est aussi de se libérer du temps, de l’espace dans la tête, pour penser, pour laisser les idées flirter avec un ordre, une séquence, les laisser se tourner autour pour former des histoires. Je prends ce temps, je me donne cet espace. C’est doux. C’est bon. 

J’ai passé beaucoup de billet à parler de ma dépression. Elle n’est pas fini, on ne sort pas si simplement d’une dépression aussi profonde, en tout cas, je ne ferai pas l’erreur de me penser trop vite sauvée. Elle n’est pas finie, mais elle se porte bien mieux. Elle s’est tarie dans un coin et me donne toute la place pour que je puisse enfin nager librement. Je sens son poids dans mes orteils. Ça chatouille parfois. Mais ça ne risque plus de me noyer. C’est un tel soulagement que je pourrais danser toute la journée.

Il y a les projets d’édition aussi qui m’emportent. Je suis éditrice pour Tête première. J’ai cet étrange sentiment d’être à ma place et d’être compétente avec un brin d’insécurité et pas mal de symptômes du syndrome de l’imposteur. Les projets sur lesquels je travaille sont diversifiés, passionnants. Sauf que je dois être à la fois l’auteure et l’éditrice pour certains ce qui m’angoisse! Angoisse contrôlable, cependant. 

Puis, mes amis. Mes amis qui me font réfléchir beaucoup. Sur les relations homme-femme. Sur mes recherches personnelles d’un futur amoureux. Sur ce que je cherche vraiment, dans le fond. Ce sont des questions pertinentes à se poser, mais elles remuent plein de choses. J’essaie de ne pas tout mettre sur Je suis bien le monstre que mon ex a quitté pour pas créer d’indigestion! J’aurais tant à dire. Heureusement, une partie de ce projet servira à un projet d’édition qui prend une bonne partie de mon temps. Et hier, j’ai trouvé un partenaire d’écriture pour ce projet. Je n’en parle pas plus pour l’instant. Tout vient à point à qui sait attendre…

Lutte de prédateurs

J’ai tourné autour du pot toute la journée. J’ai même fait le ménage! C’est tout dire.

J’ai lorgné vers mon ordinateur. Je me suis dit que je devrais réaménager mon bureau pour être plus performante. J’ai voulu prendre un sieste. Je me suis rappelé que je n’avais pas dîné. J’ai même essayé de faire des plans pour la soirée. TOUT sauf écrire…

J’ai mangé, j’ai dormi, j’ai fait le ménage, j’ai réaménagé le garde-robe et les armoires, j’ai perdu du temps sur mon cellulaire… Mon ordinateur et moi, on s’est épiés. On s’est jaugés. On a noté nos points faibles et les risques potentiels que notre opposant pouvait nous infliger.

Je me suis rendue, presque en rampant, vers mon ordinateur. Mes muscles m’ont lâchée un à un. JE VEUX, MAIS JE NE SAIS PAS! Je ne sais pas écrire, je ne sais pas quoi écrire, je ne sais plus sur quel projet travailler. Je devrais avancer celui-ci et celui-là. Ne pas succomber à la tentation de repartir quelque chose de nouveau, encore, sans avoir terminé ceci et celà. MAIS JE N’AI PAS ENVIE! Botte toi les fesses.

Les poignets sur le rebord du laptop, les doigts qui serpentent, à la chasse au mot qui va tout démarrer, j’amadoue la bête. LA PRISE DU HOMARD. Flatte, flatte entre les yeux. Doux, doux, clavier. J’AI DÉJÀ MAL AUX TUNNELS CARPIENS! Mon corps se crispe. L’ordinateur a frappé là où ça fait mal. Je reprends mon souffle. J’empoigne la souris, je la mets à ma main. Souffle, souffle, Lolo. Cherche le document, le fichier qui va agenouiller le prédateur. Chercher, cherche pour atténuer la douleur. Oublie. NE PENSE PAS!

Tourner autour du pot. Laisser défiler les fichiers pleins de débuts d’histoires. Il faudrait écrire au moins un peu. Quoi? Pour quel âge? Comme ça stagne chez l’éditeur d’album, j’ai envie d’écrire des romans… mais je ne sais pas écrire des romans. Pas encore. Tant qu’à faire, arrête carrément la danse et saute dans ton roman adulte. SAUTE ET ÉCRIS, BORDEL! Ouvrir facebook. Commencer un statut. STOP. Ouvrir WordPress. Commencer un article. Bon. Les mots se déversent. Tu as percé la bête, transpercée, la carapace de tête de cochon. C’est bon. Maintenant, fin. FIN. Ouvre un fichier et écris. ÉCRIS POUR TE SENTIR MIEUX!

(Et surtout, te redire en boucle comme tu es exceptionnelle. JE SUIS UNE SACRÉE CHASSEUSE.)

Un tourbillon calme

Je suis (devenue) un tourbillon calme. Les choses vont et viennent dans tous les sens. Mais je marche droit. Enfin, c’est ce qu’il me semble. Les pas sont lents et pas aussi nombreux que je le voudrais, mais ils avancent, dynamiques et synchronisés.

Je danse, je ne marche pas. Une valse, c’est certain.

Ces dernières semaines, j’ai accompli. Accompli! Des choses. Plein de choses.

D’abord, je viens de remettre deux textes à mon éditeur. Youppili youppilaï! Ils en ont donc quatre entre les mains. J’ai hâte d’en avoir des nouvelles! Ce sont deux titres dans la collection des Trognons. Après Léa, Nathan, Emma et Gabriel, il y avait déjà Juliette et Mathis qui attendaient… voilà que se rajoutent à eux Olivier qui veut un bébé et Romane qui veut devenir un poisson. J’avance dans cette série et je sens que je prends mes aises. L’écriture est de plus en plus facile. J’ai accepté que les premières versions seraient nécessairement très mauvaises et que ce serait entre la version 4 et 5 que je verrais apparaître une histoire présentable à un éditeur. Cette fois-ci, je me suis rendue à 7 versions. J’attends les commentaires de l’éditeur, il y aura, c’est sûr, beaucoup plus que 7 versions! En tout cas, ça me rend heureuse d’avoir terminé ça.

Mitaines tricotéesJ’ai terminé mon premier contrat de tricot: des mitaines! Le patron était un vrai défi pour moi: en anglais, avec des torsades et tout plein de points que je n’avais jamais faits avant. Je m’en suis pas mal bien tirée. Même si, rendue à la moitié de la mitaine gauche, je me suis rendue compte que j’étais en train de tricoter une deuxième mitaine droite… Détricoter fait partie du jeu… et comme je le dis à mes élèves: ne t’attache pas à ton tricot, tu vas sûrement devoir le défaire plusieurs fois avant que ce soit la bonne! Ben ça m’arrive aussi, hein!

 

Courtepointe LéonardJ’ai aussi terminé et envoyé la courtepointe sur laquelle je travaille depuis août dernier (hum… 10 mois, donc!) Pas mal fière du résultat. Elle était destinée à Léonard Gentil, le fils de mon frérot suisse. Elle a donc voyagé jusque là-bas et fait un bébé content! Et des parents aussi. Je peux vous la présenter maintenant qu’elle a été reçue. Qu’en pensez-vous?

 

 

 

Carrés courtepointe rose-bleueComment fait-on une courtepointe? Je me suis amusée à détailler la confection du dessus d’une nouvelle courtepointe. D’abord, on coupe les ti-carrés. Ensuite, on les mets côtes à côtes et on essaie de voir à quoi ça pourra ressembler. Puis, j’ai cousu les carrés deux par deux. C’était mon étape 1 (2-3-4… hum!).

Madame Castafiore courtepointe rose-bleueÉtape suivante, assembler les rectangles et essayer de faire comprendre à Madame Castafiore que ce n’est pas une couverture pour elle… pas faciiile!

Bon, je passe aussi toutes les étapes de repassage, de coupage de fils, de remise en place de tous les carrés et rectangles, de tous les problèmes de fils qui s’emmêlent et qui demandent de tout découdre et de recommencer. Ce serait très long pour rien… Presque aussi long que de le faire.

Les rectangles sont assemblés en carrés et les nouveaux carrés en autres rectangles et ça va comme ça jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une couture à faire entre deux gros morceaux. Et là, tu souffles en te disant que t’es ben ben bonne et patiente! Restera à acheter la flanelle pour mettre en dessous et le molleton pour l’intérieur. Oh! Et les tissus pour faire une bordure sur le dessus et le biais (rebord qui retient toutes les couches). Ouf! C’est presque fini, hein? …

Quatre morceaux courtepointe rose-bleue Courtepointe rose-bleue dessus

 

J’ai accompli tout ça en plus d’une super ronde de 9 jours consécutifs à aller au Camellia Sinensis. Quel bonheur de retrouver mon rythme. J’ai mieux travaillé que les semaines précédentes. Et je ne me suis pas tapée sur la tête parce que je me levais trop tard. Belles semaines entourée d’amis, de vrais bons amis qui sont là quand il faut et qui savent nous prendre dans leurs bras quand ça ne va pas… et rire quand c’est ce dont on a besoin. Au Camellia, j’oublie tout. Je n’ai pas de dépression, je n’ai pas de TDAH, je n’ai pas de problèmes, je suis là, il y a mon thé et ma famille d’adoption. Le bonheur. Vous ne connaissez pas? Foncez… FONCEZ!

Les griffes d'un woolong Le dragon-thé Créature malicieuse

Sous le nez d’un dragon, des griffes et des nuages. Et sur le dragon, une créature malicieuse… vraiment malicieuse!

Hier soir, soirée Les visages de la santé mentale dont je vous ai tant parlé. Mon portrait a été mis à l’encan. Ma mère l’a acheté pour me l’offrir. Il trône dans mon couloir d’ici à ce que je lui trouve une place de choix. Je l’ai placé quelques minutes sur ma machine à coudre pour pouvoir lui tirer le portrait. Elle ne restera pas là, trop peur que les minous lui donnent son coup de grâce. Mais je la regarde tandis que j’écris ce billet et je me dis, ouais, c’est un sacré gros combat que je mène et cette photo c’est un peu une victoire.

Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte par Patrick Lemay

Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte par Patrick Lemay

Sur l’étiquette en bas à droite, il est écrit:

« J’ai toujours trouvé que j’avais un petit air d’extraterrestre, malgré mon côté pétillant, souriant et battant!

Derrière mon sourire, beaucoup de souffrance.

À 29 ans, j’ai explosé en larmes chez mon médecin. Il a compris que je ne me plaignais pas depuis l’âge de 13 ans pour rien. Fatigue, difficulté à me concentrer, introspection excessive, anxiété, tristesse, difficulté à lire, dégoût de la routine, besoin de bouger, temps et efforts nécessaires pour me mettre à la tâche: je n’ÉTAIS pas paresseuse, j’AVAIS une dépression et un TDAH! On m’avait entendue, comprise. Enfin, je ne me battrais plus toute seule.»
Portrait de Laurence-Aurélie Théroux-Marcotte photographiée par Patrick Lemay
LES VISAGES DE LA SANTÉ MENTALE – 5 mai 2014 – Montréal

J’ai accompli tout ça en quelques semaines et je suis fière de retrouver mon entrain, mon humour, ma gourmandise, mon envie de tout plein et de trop plein! Les gens se plaignent de la température. C’est qu’ils ne savent pas comme l’hiver est long dans les ténèbres. Moi je trouve que ce printemps est parfait. Des journées pour tous les goûts. Et du soleil, enfin, jusque tard le soir. Je ne me sens plus coupable.

Je crois que les traitements d’ostéopathie et les Omégas-3 aident énormément. Je me sens mieux, vraiment mieux. Mais j’ai peur d’utiliser ces mots-là… je les ai tellement dits souvent avant de replonger un peu plus bas. C’est pour ça que je me calme. Que je calme mon tourbillon. Doux, doux, tourbillon. On va valser, encore, sans s’étourdir, cette fois. Ok? Ok.