Courtepointe poétique – l’histoire

En mars dernier, on me confirmait que mon projet de courtepointe poétique était retenu dans le cadre de Page blanche, une initiative du RACRPP (Regroupement Arts et Culture de Rosemont – Petite-Patrie). J’étais aux anges! Pour le projet et aussi parce que j’avais enfin le droit d’acheter du tissu (je m’étais interdit tout achat de tissus tant que je n’aurais pas terminé au moins 2 projets textiles).

Le projet Page blanche

375 secondes de silence avec des inconnus dans deux parcs
375 minutes de présence dans les parcs
375 ans de Montréal

Une oeuvre créée à partir de ces rencontres.

Voilà, en gros, ce que proposait l’appel de projets du RACRPP.

Ma proposition:

Au bout de ces 375 secondes de silence avec des inconnus, leur demander d’écrire un mot sur un carré de tissu. Puis, assembler de mon côté une courtepointe de manière à créer un poème avec les mots choisis.

Le processus

Après une rencontre avec Louis-Antoine Blanchette, coordonnateur général du RACRPP, la signature du contrat et la confirmation de ma date d’événement du 8 juillet, j’ai pu commencer à organiser mon projet.

La première étape: choisir les tissus.

J’ai opté pour des carrés de tissus 10″ x 10″ en précoupé. Ça sauve du temps et ça permet d’avoir une variété de couleurs et motifs. J’ai choisi deux paquets pour combiner des tissus unis avec des tissus à motifs.

Pour les tissus à motifs, j’y suis allée pour le Sun Print 2016 Sundaes de Alison Glass pour Andover Fabric. Les couleurs vives et les motifs discrets (il faudra après tout écrire sur les tissus!) m’ont tout de suite charmée. Et le tout s’agençait parfaitement au Kona Cotton Paintbox Basics Coordinates Ten Squares d’Elizabeth Hartman pour Robert Kaufman. Finalement, le dos de la courtepointe sera gris pour équilibrer toutes les couleurs vives du devant: Free Fall – Battleship par Tula Pink pour Free Spirit Fabrics.

Le mélange de tout ça est parfait!

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Quelques jours avant l’événement, j’ai rencontré Floriane Davin, la médiatrice qui m’accompagnerait le 8 juillet. On a discuté de certains points qui me chicotaient encore: je fais écrire les gens sur du papier et je transcris sur les tissus moi-même? Je leur demande d’écrire sur les tissus directement (au risque qu’il y ait des fautes ou des écritures illisibles)? Finalement, on a opté pour le papier que j’épinglerais au tissu de leur choix. Floriane m’a proposé aussi quelques détails intéressants pour rendre l’activité plus visuellement attrayante.

Mon matériel était prêt, j’étais prête, le jour J arrivait!

L’activité du 8 juillet

La météo nous a fait bien peur: le petit matin commence avec des orages violents et une pluie intense. Heureusement, tout s’arrête une heure avant l’événement. Prévoyante, j’ai mis une serviette dans mon sac pour essuyer les structures de bois dans lesquelles nous recevrions les gens.

Pour l’avant-midi, nous prenons place au parc du Pélican.

Floriane et moi installons une corde sur laquelle nous étendons les carrés de tissus. Une corde à linge colorée pour couper la grisaille de la journée.

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À 9h30, nous sommes prêtes à accueillir les gens. Mais un autre obstacle nous attend: une machine infernale coupe le pavé à quelques pas de nous! Message_1499523455901

Heureusement, le bruit arrête juste comme les premiers participants s’arrêtent.

Quand un participant arrive, je lui explique mon projet et je lui remets un carnet dans lequel la personne peut écrire pendant son silence. Puis, je pars la minuterie. Au bout du silence, nous discutons un peu. Je remets une page blanche et des crayons à la personne pour qu’elle écrive un mot ou deux en lien avec son expérience silencieuse. Je lui demande ensuite de choisir un tissu et j’épingle son mot sur le tissu. Et c’est au tour du suivant.

J’ai rencontré 7 personnes ce matin-là.

Pause dîner. Je terminais la première partie de la journée à 12h30 et je devais commencer à un autre parc à 15h30. J’avais donc beaucoup de temps pour me détendre avant l’après-midi. J’ai mangé vite fait et je suis partie vers le métro Jean-Talon pour m’étendre dans un parc. À ma sortie du métro, l’averse intense m’a fait changé d’idée. Je me suis réfugiée dans un café et j’ai attendu (espéré…) que ça passe. 20 minutes avant de partir, la pluie s’est arrêtée et le gros soleil chaud s’est mis au travail pour sécher les dégâts. Vraiment, nous avons été chanceuses avec la météo cette journée-là.

Le parc Bélanger-Châteaubriand était bien différent du premier parc. Nous avons tout de même trouvé un moyen d’étendre notre corde à linge et c’était reparti pour l’après-midi.

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J’ai réussi à rencontrer 17 personnes en tout, enfants comme adultes.

En cours de matinée, j’ai décidé de donner un mot, moi aussi, pour chacune des rencontres. Comme certaines personnes sont passées ensemble, j’ai choisi 14 mots.

Fière (et épuisée) de ma journée, je suis rentrée à la maison avec mon butin.

Le travail de courtepointe

Je n’ai pas pu attendre le lendemain avant de commencer à travailler sur mon poème.

J’ai noté tous les mots sur des papiers et je les ai étendus sur ma table pour jouer avec les images et les sons.

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Après quelques essais, j’avais une bonne idée du placement des mots. J’ai vérifié avec Aimée Lévesque, une amie poète (qui tient un blogue fabuleux pendant son voyage), que ça tenait la route. Elle m’a proposé quelques modifications et le lendemain je tenais mon poème.

Il fallait maintenant s’assurer que les tissus correspondant aux mots s’harmonisaient.

J’ai donc étendu les tissus les uns à côté des autres… IMG_20170709_150641

… et après plusieurs changements (facilement réalisables parce que les mots que j’avais choisis n’étaient pas associés à des tissus en particulier et il y avait des trous à combler par des tissus vides), j’étais bien contente du résultat.

Aujourd’hui, je suis presque prête à coudre tous ses carrés ensemble. Presque…

Il me reste à:

Délimiter l’espace où je vais écrire les mots sur les tissus.

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Choisir la calligraphie et le bon crayon.

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Transcrire les mots sur les tissus (j’ai tellement peur de gâcher un tissus!)

Repasser tous les tissus pour fixer l’encre du crayon.

Et enfin coudre!

Il y aura une exposition de toutes les oeuvres du projet Page blanche en octobre (je vous partagerai l’information). En attendant, je vous invite à participer aux prochaines rencontres.

J’ai adoré faire ce projet. Je me promets de retenter l’expérience bien assez vite!

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« Je vais mourir »

À la pharmacie, un peu avant Noël, j’attends mes médicaments. Une femme d’environ 75-80 ans attend à côté de moi. La pharmacienne la reconnaît et lui souhaite de joyeuses fête et la santé pour la nouvelle année.

– Hof! Je vais mourir bientôt. Je ne serai pas en santé.

Une cliente à la caisse se retourne et ne peut retenir un « Ben voyons! Dites pas ça! » La pharmacienne n’a pas compris et demande de répéter. La cliente à la caisse lui répète: « Elle a dit qu’elle allait mourir bientôt! », l’air de se chercher une complice qui lui confirmerait que ça n’a pas de bon sens dire des choses de même.

La femme qui va mourir s’approche de la pharmacienne et lui raconte:

– J’ai un cancer trop avancé. Mes poumons sont finis. Y’a rien à faire.

Des larmes coulent sur ses joues, mais elle n’a pas l’air de pleurer. Ces larmes-là connaissent leur chemin par coeur et n’ont pas besoin d’aide pour avancer. Elle esquisse un sourire et continue:

– Je suis contente. Je vais en voyage pour voir mes petits enfants. Je vais passer les vacances des fêtes à Ottawa avec eux.

Elle revient s’assoir près de moi. La cliente à la caisse a terminé sa transaction. Elle marche vers la femme qui va mourir et l’embrasse doucement. « Bon voyage, madame. » Ça me semble intrusif – embrasse-t’on une inconnue pour lui souhaiter une bonne mort? – mais empreint de compassion et d’amour. La femme qui va mourir baisse les yeux, sourit.

Je suis là. À côté. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas ce dont j’ai envie: lui parler ou regarder ailleurs. Parce que, la mort, on ne veut pas la regarder en face. Je suis bouleversée.

La femme qui va mourir se met à parler. Pour elle,pour moi, ça n’a tellement plus d’importance. Elle dit:

– Mon petit-fils joue toujours avec le coin cuisinette quand il vient chez moi. Je lui fais la surprise: je lui apporte les jouets pour Noël. Oui, c’est tout ce que jw demande, un Noël avec mes petits-enfants.

Elle est résignée, mais pas prête à partir. Elle se prépare. Elle règle ses dossiers. Je n’y ai pas pensé à ce moment-là, mais je me demande aujourd’hui si ses enfants étaient au courant. Savaient-ils que c’était son dernier Noël avec eux? Et les petits-enfants?

On appelle mon nom. Je règle ma transaction. Je reviens voir la femme qui va mourir bientôt. Je ne l’embrasse pas – embrasse-t’on une inconnue pour lui souhaiter bonne mort? Je lui souhaite une bonne route. Que peut-on lui souhaiter d’autre? Et je pars. Comme on laisse les morts derrière. Parce que nous on est vivants.

Je reviens chez moi. Comment peut-on recevoir une telle nouvelle: madame, il vous reste 3 mois. J’essaie de m’imaginer dans cette situation. Ça arrivera forcément un jour. Ou pas, mais je pense que je préfère mourir avec un avis que du jour au lendemain. J’ai toujours eu besoin de temps piur processer les choses.

J’ai cette impression, depuis toujours, que je vais mourir jeune. J’ai donc cegge urgence de faire les choses vite. Et après 4 ans de dépression majeure, j’ai l’impression d’avoir manqué une bonne partie de ma vie. Ce sentiment d’urgence me presse encore plus: je suis en retard sur tous les plans. Mais la dépression m’a appris qu’à trop vouloir tout faire vite, on passe aussi à côté de tout.

Madame qui va mourir bientôt, je vous souhaite bon voyage. De mon côté, je vais tâcher de ne pas mourir trop tôt.

Des succès à fêter!

Je viens de réaliser qu’il y a 5 mois que je n’ai rien écrit ici. C’est très long, 5 mois!

Il faut dire que plusieurs projets m’ont tenue bien occupée. Des projets magnifiques que je peux maintenant partager avec vous.

Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil

Lundi dernier avait lieu le lancement de deux actions auxquelles j’ai participé pour le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil.

Lire en famille

Depuis plus d’un an, nous avons amorcé cet audacieux projet en famille pour le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil. Nous avons répondu à un appel de projets et avons été choisis pour mener à bien notre idée. Nous, c’est Danielle Marcotte, Louis-Pierre Théroux-Marcotte et moi. Un projet tout en famille!

Les animations

atelier-parentraide-20160527-1Nous avons préparé 4 ateliers de formation pour les parents autour de la transmission du plaisir de la lecture (0-2 ans, 3-5 ans, 6-7 ans et 8-10 ans) que nous devions animer deux fois chacun. Nous avons remis aux parents présents des trousses contenant de l’information pour la promotion de la lecture et un livre.

Les rencontres ont été riches en partage et en apprentissages. Nous avons vécu de beaux moments, très émouvants. Par exemple, une mère nous a confié qu’elle reprenait son garçon à chaque fois qu’il butait sur un mot jusqu’à ce qu’il en pleure parfois. Elle nous a juré qu’elle ne le ferait plus et qu’elle transmettrait le plaisir de la lecture dorénavant.

Les capsules web

Nous avons aussi monté des capsules vidéo pour le web mises à la disposition des parents via le Réseau des bibliothèques publiques de Longueuil. Ces vidéos sont accompagnés par  des fiches qui donnent quelques trucs pour animer la lecture avec les enfants.

Les ateliers du vendredi

Pour compléter le projet, nous avons aussi ajouté du matériel sur notre page des Ateliers du vendredi: de nombreuses fiches de lecture sur des livres coups de coeur, de l’information sur la préparation pour les visites aux salons du livre et de nombreuses autres informations pour transmettre le plaisir de la lecture.

Bébéluchons

C’est à travers le projet Lire en famille que j’ai rencontré Linda Moisan. Après avoir assisté à l’un de nos ateliers, elle m’a confié le contrat de monter des trousses d’éveil pour les 0-18 mois. J’ai tout de suite accepté.

Mon travail consistait à trouver des livres et des objets en lien avec nos 4 thèmes (animaux, ma journée et ma maison, véhicules, formes et couleurs) pour ensuite créer une fiche d’activité à faire avec ces livres et objets.

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Le nom « Bébéluchon » m’est venu spontanément. L’idée du baluchon représente pour moi tout le bagage que l’enfant transportera avec lui dans sa vie.

60 bébéluchons sont disponibles en prêt de 3 semaines dans les bibliothèques de Longueuil.

Salon du livre de Montréal

Du 16 au 21 novembre avait lieu le Salon du livre de Montréal. J’y présentais une animation de 25 minutes sur la fabrication des livres.

Ce fût un grand succès! D’abord, un article dans le cahier spécial de La Presse pour le Salon du livre de Montréal a annoncé mon animation. Pas un petit 50 mots dans un coin, tout un article!

Cet article a été repris dans le cahier du Salon du livre. Encore une fois, la visibilité a été impressionnante: j’ai eu droit à une double page.
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Finalement, ce sont plus de 150 personnes, principalement des enfants, qui ont assisté à la rencontre. Mon animation se voulait interactive et les participants ont très bien répondu aux questions. C’était dynamique et vivant. Les yeux des enfants étaient allumés.

J’espère avoir l’opportunité de donner ces ateliers à nouveau. Je les donne pour les enfants, mais aussi pour les adultes.

Centre culturel de Pierrefonds

La veille, le 20 novembre, j’étais à Pierrefonds pour donner l’atelier «Devenir un passeur du plaisir de la lecture». Cet atelier s’adresse aux parents, enseignants, éducateurs, bibliothécaires et toute autre personne qui veut transmettre le plaisir de la lecture aux enfants qui les entoure.

wp-1479918834174.jpgDans cet atelier, je tente d’éliminer certains mythes, je clarifie comment on apprend à lire et à écrire, je donne des trucs concrets pour animer la lecture avec les enfants et je présente plusieurs types de livres intéressants et stimulants pour les petits et grands.

Encore une fois, la rencontre a été riche en beaux moments. Les parents et grands-parents sont repartis avec des apprentissages importants: une mère a compris qu’elle ne devait pas exiger que ses enfants lisent seulement des romans classiques ou des livres pour se cultiver. Une grand-mère était étonnée du fait que les enfants apprennent à lire et à écrire dès la naissance.

Coaching littéraire

Après la publication de son premier roman, Les pierres bleues (éditions Goélette), Chantal Bissonnette a fait à nouveau appel à mes services pour travailler sur la suite. Je me suis donc replongée dans le travail de coach littéraire et nous avons terminé le travail au début de novembre. Le manuscrit est maintenant chez l’éditeur et nous attendons les commentaires de lecture. Le roman est un page turner.

Vous pouvez suivre l’auteure sur facebook.

Courtepointes

Parce qu’il faut se détendre quelques fois, j’ai aussi entrepris deux projets de courtepointe. Pourquoi deux? Parce que je suis incapable de faire une seule chose à la fois!

Le premier projet est pour moi… à moins que je finisse par le vendre, alors je serais obligée (oooooh! Quel malheur!) d’en faire un autre juste pour moi. Il s’agit d’une courtepointe pour mon lit queen. C’est le premier gros projet sur lequel je travaille.

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J’ai aussi enfin terminé le cadeau de Noël (dernier…) de mon chum: un ensemble de 6 napperons. Ils sont conçus avec les mêmes tissus, mais sont tous différents. Ils ont été assemblés à la machine, mais quiltés à la main.

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Finalement, j’avais tellement de bouts de tissus qui dormaient dans mon armoire que j’ai décidé de me lancer dans l’apprentissage d’une nouvelle technique (nouvelle pour moi, parce que c’est une méthode ancestrale!): le paper piecing en hexagones.

L’effet est très intéressant, très vivant avec toute une variété de tissus. Bon, j’ai triché un peu… J’ai décidé d’acheter du tissus avec plusieurs couleurs pour que les tissus s’assemblent bien.

Avec tout ça, je n’ai pas beaucoup écrit. Mais j’ai quand même retravaillé un vieux texte que je souhaite bientôt présenter à quelques maisons d’édition.

Je travaille aussi maintenant à temps partiel à la librairie du Square (métro Sherbrooke à Montréal). J’adore mon boulot.

Comme je le disais, je n’ai pas chômé! Mais quelles expériences magnifiques!

 

La dépression, ce n’est pas un choix

Je partage cet article. Je cherchais ce que je pouvais dire pour l’introduire. Rien. Rien de plus. Ce texte exprime totalement ma pensée.

« J’ai choisi le bonheur »… Ta yeule!

Un jour, j’espère trouver les mots pour raconter ce qui se passe vraiment quand on tombe. Parce que la dépression, c’est ça: on tombe dans un trou qui s’ouvre, grand et incontournable, sous nos pieds sans prévenir. Certains vont trouver quelque chose à quoi s’accrocher dans la chute et pourront remonter. D’autres vont finir détruits par l’impact. Ce n’est pas un choix. Le choix est dans ce qu’on fera des ressources qu’on a pour s’en sortir. Et encore là, tout dépend des ressources qu’on a pour s’en sortir, justement.

J’ai eu une belle discussion avec mon amoureux sur ce sujet, d’ailleurs. Est-il possible que certains humains naissent sans le bagage nécessaire pour affronter les pires obstacles de la vie? Un humain qui a un bagage insuffisant pour un type d’obstacle et qui n’a pas l’environnement pour pallier à ses lacunes, il fait quoi? Et à la réponse « Voyons, tout le monde a ce qu’il faut!», je demande juste «pourquoi?» Pourquoi tout le monde aurait-il ce qu’il faut en partant? Y aurait-il eu l’évolution des espèces si tout le monde avait ce qu’il faut pour s’en sortir? Et en même temps, on se nourrit tellement d’espoir quand on est en dépression. On a besoin de se dire que tout le monde peut s’en sortir. C’est vital.

Mais je m’égare. Ce texte. À lire. Et le reste sera dans un prochain billet!

De la productivité à la satisfaction

Depuis quelques temps, je réfléchis beaucoup sur la productivité. Pendant que mon psy essaie de me faire comprendre qu’il faut que je m’arrête et que je guérisse ma pneumonie comme du monde (elle est disparue de mes poumons, mais je tousse encore beaucoup), je suis une formation sur l’écriture productive.

Je me questionne beaucoup. Pourquoi faut-il être aussi productifs que ce que la société semble exiger de nous?

Je me regarde aller. Je suis déçue de moi chaque fois que je ne fais rien. Tous mes passe-temps doivent « servir à quelque chose »: un apprentissage, l’augmentation de ma culture générale, une production, un résultat concret, un avancement dans un projet. Et m’arrêter vraiment? Pas le droit. Jouer aux Sims est la chose la plus honteuse qui soit. Pendant ce temps-là, scandal, je n’ai pas lu, pas écrit, pas tricoté, pas répondu à des courriels, pas jeté des idées pour créer ma nouvelle entreprise, pas courtepointé, pas fait le ménage. Bref, je n’ai pas avancé. Bref, j’ai gaspillé un temps précieux qui m’a été donné.

Pourquoi faut-il donc tant avancer tout le temps?

Je réalise que je développe de l’anxiété parce qu’on m’a trop dit: « La vie passe si vite, il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier, il ne faut pas perdre de temps, il faut tout faire aujourd’hui. » Avez-vous une idée de ce que ce genre de phrase représente pour une fille qui a un TDAH? Même sans ce diagnostic, quel genre d’humain peut vivre chaque jour comme si c’était le dernier… Tous les jours? Sans se brûler? Ben voyons.

« Et le septième jour, Dieu se reposa… »

Et en même temps, force m’est d’admettre que je ne retire aucune satisfaction à jouer aux Sims. Ça finit par m’éteindre, me déprimer, me couper la créativité, me donner le goût de dormir à fond. Ça me brûle le cerveau et m’endort le corps. Comme manger du fast food. Tu penses que c’est bon sur le coup, mais tu mets des heures à t’en remettre.

J’ai suivi une formation intéressante lundi soir dernier. Offerte par Martin Mercier du Centre de création scénique, le cours Les Rythmes du travail et l’écriture productive m’a grandement stimulée à écrire plus et à retrouver mon énergie. On y apprenait à varier les activités dans une journée pour que l’une soit le repos de l’autre. Bref, à se reposer en faisant et à faire en se reposant.

Cette productivité est satisfaisante. Je me demande par contre si je ne saute pas dans une course folle où je ne prends pas le temps de m’arrêter.

Mes réflexions me mènent à considérer mes choix d’activités non plus en fonction de leur productivité, mais en fonction de leur degré de satisfaction à long terme. Je ne prends pas le temps de méditer et pourtant, c’est sans doute l’activité qui me permettrait le mieux de me reposer et de me recentrer pour être plus productive. Beaucoup plus qu’une heure de Sims, en tout cas!

Créer de l’espace dans mon horaire. Dans mon appartement. Un espace physique et mental. Varier les activités à concentration intense et faibles. Bouger plus. Faire plus, mais faire ce qui me satisfait.

Écrire demande un effort de plus… mais rapporte beaucoup en satisfaction.

Et ce que me disent mes réflexions, c’est que je ne dois pas écouter les éditeurs qui me disent que mes textes ne vendent pas assez… et écouter seulement la voix dans ma tête qui a des choses à raconter. Ce sera satisfaisant et productif, beaucoup plus que de me ronger les ongles et me taper sur la tête en me disant que je ne sais pas écrire et que ça sert à rien de continuer. J’ai encore beaucoup de choses à raconter. Quelle chance, j’ai!

Laurence Aurélie au Café de Da (Bibliothèque Ahunstic) – 17 novembre

Ce mardi (17 novembre, 19h30), je donne un atelier sur le monde du livre au Café de Da (Bibliothèque Ahunstic). Soyez-y!

 

Laurence Aurélie 2Tout sur l’univers de l’édition et les meilleures astuces pour réussis à se faire publier

Quand on a une soif d’écrire et qu’on y parvient, on ne souhaite pas que nos textes dorment au fond d’un tiroir. Notre spécialiste vous racontera tout ce qu’il y a à savoir sur le monde de l’édition, la recherche du bon éditeur et la soumission d’un manuscrit.

Le calendrier de l’avent en tissu + inspirations

Je suis tombée là-dessus. Quel beau projet! Ça donne des idées. Et c’est bien pour tous ces enfants qui ne peuvent pas manger de chocolats à cause d’allergies ou de maladie.

 

Je prends les commandes… pour l’an prochain!!!

 

 

 

Chaque année je prends un grand plaisir à préparer un calendrier de l’avent. Mais voilà maintenant je suis maman. Anticipant le manque de temps pour pouvoir créer dans les prochaines années, …

Source : Le calendrier de l’avent en tissu + inspirations

Séparation

Ma belle-maman m’a demandé il y a quelques temps si j’avais du mal à me séparer d’une courtepointe sur laquelle j’ai travaillé longtemps. J’ai répondu sans réfléchir «Nah. J’aime les faire, mais je ne saurais pas trop quoi en faire une fois terminée. Je les produis pour qu’elles soient utilisées. Ça me fait bien plus plaisir de savoir qu’elle est entre les mains d’un petit loup!»

Or, hier soir j’ai remis une courtepointe à ma cousine pour sa fille toute neuve de 3 semaines. Elle me l’a commandée en mai, si ma mémoire est bonne. Elle l’attendait depuis longtemps! J’ai travaillé dessus longtemps.

C’était une courtepointe un peu spéciale. Ma première vraie commande. La première fois que je fais sur mesure une courtepointe selon des demandes d’une cliente. D’habitude, les gens m’achètent une courtepointe déjà terminée. Mais il y avait plus. C’est pour cette cousine que je me suis mise à faire des courtepointes. Elle attendait le premier bébé de notre génération. J’étais à la maison, en pleine dépression, et j’ai décidé de faire une première courtepointe pour elle et son bébé.

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Quand elle a appris qu’elle était enceinte du deuxième enfant, elle m’a demandé de refaire une courtepointe dans le même genre, mais dans des teintes de rose pour sa petite fille à venir.

J’aime pas trop faire du rose-rose pour les filles, alors j’ai joué un peu avec les tissus. 

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La plus longue partie a été de choisir le motif pour placer les morceaux ensemble.

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J’ai tourné et tourné les pièces dans ma tête (et sur mon plancher!) tellement de fois que je ne voyais plus rien.

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J’ai donc fait un appel à tous sur facebook.

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Et c’est la principale concernée qui a tranché.

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Ce soir, j’ai remis à une maman et à sa fille une courtepointe qui deviendra son doudou. Ce soir, j’ai compris qu’on peut avoir un pincement au coeur de voir partir un objet qu’on a aimé et fignolé pendant plusieurs mois. Je suis fière de ce que j’ai fait. J’espère que la petite Eva sera tout aussi heureuse de cette couverture que je le suis.

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Je te souhaite une belle et longue vie, Eva. Une vie pleine de rebondissements, de joies, de petits bonheurs et de grands plaisirs. Une vie à la hauteur de tes attentes à toi.

Du poil de la bête

Il y a une bête, dans mon histoire. Une bête noire. Une bête qui te ronge de par en-dedans quand tu ne t’y attends pas, quand tu as le dos tourné. Cette bête est comme un cancer. Un cancer de l’âme, de la volonté, de la motivation.

Heureusement, on a trouvé des moyens de la dompter. De la rendre toute petite. Je ne sais pas si elle finit par disparaître vraiment. C’est qu’elle laisse sa trace en anxiété, en traumatismes de toute sorte.

Il y a de la lumière dans cette histoire. De la lumière qui vient de partout. Amis, famille, parents, petits plaisirs, résilience, force de caractère, système de santé. Oui oui! Le système de santé contre lequel on crie tant, il m’a sauvé la vie.

Le problème avec la lumière, quand tu as été habituée à la bête noire, c’est qu’elle éblouit. Qu’elle fait perdre le sens, les sens. Elle te fait perdre ta route. Alors, tu te mets à douter de tout et tu trembles d’effroi parce que l’ombre de la bête noire se dessine dans la lumière. Tu essaies d’oublier. De te concentrer sur ta lumière. Mais la bête noire te traque, menaçante et omniprésente.

Et tu te sens abîmée. Épuisée. Et tu as peur que ton petit bonheur soit un décor en carton. Que tu ne sois faite que pour dompter les bêtes noires. Tu as peur d’être Sisyphe. Que ton nouvel amour se lasse de toi, parce que forcément tu finiras par être lourde et il n’acceptera pas de te porter dans ses bras les jours où tu baisses les tiens.

Et puis tu te félicites d’avoir un nouveau travail. Et tu angoisses de ne pas être à la hauteur. Tu désespères de ne pas arriver à te lever le matin. Tu prends des taxis pour limiter les dégâts de ta non-adaptabilité. Tu n’as donc pas un sous à mettre de côté. Et tu vas tellement mieux que tu ne peux plus avoir d’aide. Mais toi, tu ne vois pas que ça va mieux. Tu entends seulement le râle inquiétant de cette bête qui ne veut pas mourir.

Tu t’imagines le travail idéal. Tu ne te vois bien nulle part. Si. Peut-être ici ou là. Mais tu n’as pas l’expérience ou les sous ou la crédibilité requise. Alors tu te mets à pédaler à toute vitesse dans ta tête. Tu es prise au piège dans la même cage que la bête noire. Et tu tournes en rond.

Puis, un jour que tu écris un texte, tu te rends compte que les petits chatons, sous certaines lumières, projettent des ombres de bêtes meurtrières sur les murs. Et que sûrement, ta bête noire à toi, n’est qu’une question d’ombre et de lumière.

Alors, tu décides de te remettre à respirer. Une bouffée d’air à la fois. Et de ne penser à rien.

Ta bête noire bien assise sur tes genoux. Ronronnant sous tes caresses.

Tu ne te le cacheras pas. La bête n’est pas inoffensive. Mais cette fois, tu connais les moyens à prendre pour la faire taire. Cette fois, tu n’es pas seule. Cette fois, ça ira.

Ça ira.

Courtepointe et peluches à vendre

Certaines de mes créations sont À VENDRE!

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Courtepointe: 250$


Environ 83 cm x 91 cm (33″ x 36″)
Matelassage (broderie) à la main
Dessus: cotons imprimés
Bourrure: bambou
Dessous: flanelle
Lavable à la machine.

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Tortue Moulins: 30$
(Celle du haut sur la photo de droit)


Environ 7 cm x 17 cm (3″ x 7″)
Matériel: cotons imprimés
Bourrure: polyester
Lavable à la machine

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Éléphant Moulins: 40$


Environ 20 cm x 25 cm (8″ x 10″)
Matériel: cotons imprimés
Bourrure: polyester
Lavable à la machine.

Si l’une de mes créations vous intéresse ou si vous désirez commander une nouvelle création sur mesure, il suffit de me contacter!